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Inde : Lynchages à mort liés à la vache sacrée

En Inde, des hommes de confession musulmane et de la caste inférieure des dalits, sont attaqués et battus à mort au nom de la protection des vaches, rendues sacrées par l’ hindouisme.

Les derniers cas de lynchages

Ce vendredi soir, Akbar Khan se déplaçait dans l’Ouest de l’Inde avec deux animaux et accompagné d’une autre personne, quand il a été attaqué par un groupe de villageois. Il est mort ce samedi à la suite de ces blessures. L’inspecteur général de la police a indiqué qu’avant de mourir, le jeune homme a eu le temps de dire aux policiers que les assaillants l’accusaient d’être un trafiquant de bétail. Les autorités locales ont condamné les faits et deux personnes ont été arrêtés

Cela fait suite à une série de lynchages de la part d’extrémistes hindous pour des raisons similaires. La dernière attaque de ce genre avait eu lieu en mai dernier. On apprenait alors la mort d’un musulman âgé de 45 ans après la découverte d’une carcasse de vache. Une foule avait lynché cet homme, l’accusant d’avoir tué l’animal. Son ami avait aussi été violemment pris à partie et grièvement blessé. Quatre personnes avaient alors été placées en détention.

Des crimes restés longtemps impunis

En Inde, l’abattage de vaches est interdit dans de nombreux États et il est parfois passible de prison à vie. Dans ce contexte, les autorités ont longtemps fermé les yeux sur ces lynchages à répétition. Cette année, une vingtaine de personnes sont mortes dans ces conditions dans différentes régions du pays. Mais jusqu’à récemment, aucune condamnation n’avait été prononcée et les autorités peinaient à se prononcer sur les faits.

Ce n’est qu’en mars dernier qu’ont eu lieu les premières condamnations de milices autoproclamées de protection des vaches sacrées. En effet le 22 mars 2018, onze hommes ont écopé de peines de prison à perpétuité pour avoir battu à mort un commerçant musulman en juin 2017. Ce groupe avait lynché Alimuddin Ansari, un négociant de viande, qu’ils suspectaient de transporter de la viande de bœuf. D’autres cas de violences au nom de la protection de la vache seraient actuellement en procès en Inde selon la presse locale.

 

Human Rights Watch a déclaré dans un communiqué que « les autorités indiennes ont encore beaucoup à faire pour convaincre les minorités religieuses et les communautés socialement marginalisées que la justice peut être rendue »

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