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L’interdiction des « mourabitounes » pour fêter le nouvel an juif

Dimanche matin, de violents affrontements ont eu lieu à l’intérieur du troisième lieu saint de l’islam entre les forces israéliennes et des palestiniens retranchés à l’intérieur de la mosquée sacrée. Ces palestiniens se mobilisent depuis des années pour veiller à la non profanation des lieux saints de Jérusalem. Un mouvement spontané qui redoute les provocations israéliennes en ce jour de fête juive. On les appelle les mourabitounes .

Les « Mourabitounes », la sentinelle de la Mosquée Sacrée Al aqsa

Les mourabitounes (pour les hommes), et les mourabitates (pour les femmes), littéralement « ceux qui restent sur place » sont des hommes et femmes généralement des Arabes de nationalité israélienne, connus pour défendre la Mosquée sacrée Al aqsa. Une initiative citoyenne, loin de tout mouvement politique, qui veille à la non violation du site sacré par des sit-ins.
En fin de semaine, le ministre de la Défense israélienne a décidé l’interdiction des « mourabitounes », un mouvement pacifiste qui n’use pourtant pas de violences pour ses revendications : défendre Al aqsa des velléités des plus extrémistes juifs qui aspirent à sa destruction pour y reconstruire l’ancien temple.
Suite à cette interdiction, et d’après un communiqué de la police israélienne, de jeunes manifestants se sont retranchés à l’intérieur de la Mosquée Sacrée dans la nuit de samedi à dimanche. La police israélienne serait intervenue pour les en expulser à la veille des fêtes juives prévues pour lundi et mardi.
La grande majorité des juifs prient au mur des Lamentations situés au contrebas de l’esplanade des Mosquées, mais certains estiment cette dernière plus sacrée que le mur, sur laquelle se dressait le second Temple juif détruit en 70 par les Romains. Certains rêvent de le reconstuire en lieu et place de la Mosquée Al aqsa.

L’avènement du nouvel an juif à l’origine de ces heurts ?

L’organisation du Mont du Temple avait exhorté ses adeptes à participer à la profanation du site à l’occasion de la nouvelle année juive. Elle a affirmé que les prises d’assaut seraient effectuées sous escorte policière et que les sit-ins des musulmans seraient interdits pour une longue période. Il semble que le gouvernement israélien ait permis l’exécution de leurs provocations.

Les tensions étaient redoutées à l’approche des fêtes juives. La visite du ministre de l’Agriculture israélien (ancien Premier ministre d’Ariel Sharon) sur l’esplanade très tôt dimanche matin et la fermeture des portes de la Mosque Al aqsa avec évacuation de ses occupants ont contribué à l’escalade de la violence.
Les forces de police israélienne ont envahi la Mosquée Sacrée juste après la prière du Fajr, et « ont attaqué les fidèles à coups de gaz lacrymogène et de tirs en balles de caoutchouc » selon une agence de presse palestinienne. Les dégâts causés par cette opération sont conséquents, des témoins rapportent que les israéliens sont montés sur le toit, cassant des vitraux anciens pour jeter des grenades lacrymogènes.
A la suite de cette intervention, des sources palestiniennes font état d’au moins 35 personnes blessées. Et une correspondante d’Al jazeera a indiqué que l’esplanade a été complètement évacuée, barricadée, et interdite d’entrée par les israéliens. Même la garde jordanienne (la Jordanie a signé un traité de paix avec Israël) postée à l’entrée de l’esplanade a été pour la première fois expulsée.

Les condamnations jordaniennes, palestiniennes et égyptiennes ont été unanimes, accusant le gouvernement israélien de provocations, et dénonçant « des tentatives répétées de modifier le statu quo ». En effet, depuis 1967, si juifs et musulmans peuvent se rendre sur ce lieu, les juifs n’ont pas le droit d’y prier. Le Fatah appelle à une mobilisation générale, et à la communauté internationale d’agir.

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