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Les Rohingyas face aux crues dévastatrices

En Birmanie, les pluies diluviennes ont provoqué de vastes inondations, ainsi que des glissements de terrain qui ont engendré plus de 100 morts. Les Rohingyas ( peuple musulman le plus persécuté au monde selon l’ONU) ont vu leurs conditions de vie déjà fort déplorable, se détériorer davantage.

Les conditions de vie des Rohingyas

Ce peuple victime du discours haineux de certains leaders bouddhistes vit la plupart du temps dans des bidonvilles. Les Rohingyas dont la citoyenneté birmane leur fût retirée en 1982, sont vus comme des migrants bangladais illégaux et sont traités comme tel. Ils vivent en majorité dans l’État de l’Ankaran, lieu ou en 2012, ils ont été victimes d’un « crime contre l’humanité » selon les termes d’Human Right Watch. Régulièrement expropriés, plus de 140 000 Rohingyas ont été déplacés dans des camps autour de Sittwe la capitale d’Arakan. Réduits à des conditions de vie déjà misérables, les Rohingyas ont dû faire face à des crues spectaculaires. Ces crues dues à la période dite de la mousson, ont engendré des dégâts colossaux. Des milliers de maisons ont été détruites, ainsi que des centaines de milliers d’hectares de rizières ont été inondés. Les régions du nord où vivent les Rohingyas sont les plus irriguées, et par conséquent les plus touchées. De plus, fin juillet le cyclone Komen est venu alourdir le bilan déjà désastreux.

L’action des ONG entravée

Plusieurs organisations non gouvernementales(ONG) se sont mobilisées afin de permettre l’arrivée de denrées alimentaires, ainsi que d’équipes chargées d’aider les populations. Néanmoins, la junte militaire qui détient le pouvoir en Birmanie entrave souvent l’action de ces organisations. L’accès aux camps de Rohingyas, tenus par les policiers leur est parfois refusé. Quand les ONG ont accès aux camps, ainsi qu’aux bidonvilles, elles s’efforcent de rétablir les réseaux sanitaires afin d’éviter la propagation de maladies qui pourraient engendrer des épidémies. Elles se mobilisent aussi pour permettre la restauration des réseaux d’eau potable, dans ces régions où les puits sont souvent contaminés par les crues. La distribution de filtres en céramique et de pastilles désinfectantes contribue au retour de l’eau potable dans certains villages, malgré un réseau routier particulièrement endommagé.

La situation des Rohingyas est donc déplorable, situation qui a été largement aggravée par les crues de la période de la mousson. Une extrême pauvreté perdure, malgré la mobilisation de plusieurs ONG dont l’action est parfois entravée par la junte birmane. Une mobilisation plus forte doit être mise en place, mais elle doit être accompagnée d’une pression politique pour que les crimes commis par le régime birman ne restent pas impunis.

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