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Crédit photo : Photo Joseph Eid. AFP

Liban : Le funeste commerce d’organes humains

Depuis les événements en Syrie, un afflux massif de réfugiés se rendent au Liban. Ces réfugiés se sont concentrés à Hay el Ghoarbey, proche du camp de réfugiés palestiniens de Chatila. Au sein du bidonville de Hay el Ghoarbey, ce ne sont pas moins de 15000 réfugiés syriens qui y « vivent » dans les conditions les plus déplorables, et sans réelles aides internationales. C’est dans ce contexte de misère, que les réfugiés syriens « acceptent » de vendre leurs organes au marché noir.

L’extrême pauvreté comme source de profit

Le quotidien de ces réfugiés, entre violence et insalubrité, est un combat pour la survie, que ce soit au niveau de la nourriture, du logement, de l’accès au soin ou de l’accès à l’éducation. Dans cette situation, de plus en plus de réfugiés donnent suite aux sollicitations des « rabatteurs » travaillant pour des cliniques privées afin de vendre leurs reins. Un rein permet à un réfugié d’être rémunéré de 7000 à 9000 dollars (environ 5000 à 7500 euros). Cette somme sert surtout à faire vivre la famille du réfugié pendant un temps. Le donneur a généralement entre 14 et 30 ans, et doit être en bonne santé….

Les rabatteurs sont rémunérés, eux, de 700 à 800 dollars (500 à 650 euros) par vente. Ce marché est organisé par des cliniques privées de Beyrouth qui revendent les organes aux clients finaux, les marges peuvent alors atteindre les 15 000 dollars (environ 12500 euros).

Des clients fortunés et une impunité révoltante

Les cliniques qui participent à ce marché procèdent de 2 manières pour la revente de l’organe. Ils peuvent pratiquer directement la transplantation auprès de leurs riches clients issus du Moyen-Orient ou d’Europe pour la plupart. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) indique qu’il y aurait 5000 à 10 000 greffes illégales chaque année.

La seconde façon de mettre les organes à disposition des clients est tout simplement l’export, en effet, les organes sont envoyés notamment dans les Pays du Golf, l’Europe et les États-Unis.

Cette pratique est évidemment interdite au Liban, néanmoins, les différentes institutions chargées de lutter contre ces agissements criminels n’ont jamais réussi à endiguer le fléau. Le ministre de la santé du Liban, indique qu’une enquête est ouverte, avec assez peu de résultats à ce jour.

« les services de renseignement travaillent sur ce dossier car ce sont des crimes. Parfois certains des réfugiés sont victimes d’abus » (M. Wael Bou Faour ministre de la santé du Liban)

Il est temps que la communauté internationale se penche de manière concrète sur la situation des réfugiés syriens, toujours plus nombreux chaque jour à fuir la Syrie (environ 3 million de réfugiés à ce jour, selon le dernier bilan du Haut-Commissariat des Nations-Unies aux réfugiés), et que cesse définitivement l’exploitation de la misère humaine au profit d’un petit nombre de nantis sans scrupule.

 

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