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Des fantômes trop visibles : discours et paradoxes d’un intolérant

Pourquoi se couvrent-elles d’interminables étoffes d’un noir presque inquiétant ? Lugubre évocation du deuil, de l’épouvante et de l’austérité en Occident. Crient-elles silencieusement leur désespoir de sentir leur beauté étouffer sous le poids des interdits ?

Consciencieusement enveloppées dans de longs pans de tissu opaque, elles prennent soin de vérifier que leur habit ne laisse rien paraître de leurs formes. Ces courbes révélées au seul regard de l’être aimé. Sombre folie que celle de s’imaginer chérie toute une vie par un seul homme. Comment juger des délices de la passion sans aucun autre point de comparaison ?

Voyez nos filles, célibataires et enceintes à quinze ans, comme elles sont dignes. Le divorce devenu réflexe, les mères esseulées, les maîtresses souillées, les aventures sans lendemain et la douleur qu’ils engendrent ne sont rien en comparaison des ravages de l’ignoble polygamie. Marions les hommes ensemble, laissons les femmes seules. Là est l’équilibre d’une nation saine et évoluée.

Ce voile leur est nocif. Elles sont bien incapables de faire le moindre choix, et nous savons parfaitement ce qui est convenable. Mais comme fanatisme et rébellion sont liés, il aura bien fallu trouver un moyen de les faire plier. Prendre en otage l’enseignement, idée brillante. Nous vous interdisons le collège, le lycée, peut-être même la faculté si vous ne vous assimilez pas rapidement. Mais nous continuons de clamer que c’est votre religion liberticide qui crée des incultes.

Et qu’il est déprimant de voir déambuler ces ombres fantomatiques dans nos rues diaprés. Pour le bien de tous, mieux vaut vite les écarter, effacer complètement de nos paysages ces silhouettes anonymes. Protégeons nos petits. Éloignons-les des écoles, des sorties. Qu’elles n’infectent pas de leur venin doctrinaire nos chérubins qui, même s’il ne les craignent pas, ignoreront tout d’elles et pourront docilement relayer nos idées…

Un commentaire

  1. As salamu alaikoum.

    M.A.G.N.I.F.I.Q.U.E.M.E.N.T bien écris! Je dirais même tellement que ce n’est pas assez long… On en veux plus!

    Vraiment!

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