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Spanghero ou le meat gate

Spanghero, la petite entreprise ( environ 300 salariés) par laquelle le scandale est arrivé, n’est que l’arbre qui cache la forêt. Forêt ou intermédiaires peu scrupuleux, grossistes pas très portés sur les détails, et artisans pris à la gorge se mêlent et s’entre-mêlent jusqu’à pouvoir accoucher de bons produits aussi douteux que goûteux..

Rappel des faits

Janvier 2013 en Grande-Bretagne, des inspecteurs de l’hygiène ont découvert des traces de viande chevaline dans des plats préparés. Quelques jours plus tard, le géant du surgelés Findus constate également que des plats à base de viande bovine présentent des traces de viande de cheval. Des milliers de plats (lasagnes, hachis parmentier, moussaka, etc …) sont immédiatement retirés du marché.

Comment ça marche ?

De la Roumanie à la France, en passant par les Pay-Bas et le Luxembourg, c’est un véritable roadtrip que notre chère et tendre chair fait à travers l’Europe. Les signataires idéalistes du traité de Maastricht n’auraient pu rêver mieux. Mais le hic c’est qu’au final, nous pauvres consommateurs soi-disant avertis, nous sommes retrouvés à déguster de la viande de cheval alors qu’on pensait se remplir la panse de viande bovine. Trahison sur fond d’indigestion, l’Europe couve un sale virus.

Pour mieux comprendre, voici une synthèse de la filière mise en cause :

Roumanie : viande de cheval expédiée sous l’étiquette « viande de cheval »

Pays-bas : Viande de cheval réceptionnée puis reconditionnée et ré-expédiée, toujours sous l’étiquette « viande de cheval »

France : Réception de la viande en question par Spanghero qui est soupçonné de la ré-étiquetter  « viande bovine » à destination du Luxembourg, pour l’entreprise Tavola

Luxembourg : Transformation de la matière première, ici Tavola faisant des lasagnes à la viande de boeuf … en fait de cheval.

France :  Comigel qui officie pour des entreprises dans plus d’une dizaine de pays européens, dont Findus et Picard, se charge de la distribution.

Une enquête qui s’annonce fastidueuse

Mardi 19 février jusque tard le soir, et mercredi 20, des perquisitions se sont déroulées au sein de l’usine Spanghero à Castelnaudary dans l’Aude100632_a-signs-with-the-spanghero-logo-is-seen-at-their-head-office-in-castelnaudary[1] ( 11) . La DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) ainsi que l’ OCLAESP (Office Centrale de Lutte contre les Atteintes à l’Environement et à la Santé Publique) enquêtent sur la traçabilité de la viande et après audition des dirigeants, cadres et employés, se sont concentrés sur les liasses de documents et le contenu des disques durs. Cela prendra sans doute plusieurs semaines pour éplucher les comptes et analyser la totalité des pièces (procès-verbaux, documents, etc …)

Malgré les soupçons, lundi 18 février le gouvernement a tout de même autorisé l’usine à reprendre une partie de son activité. Mais François Hollande réclame des sanctions pénales contre les fraudeurs , une fois que ces derniers auront été identifiés juridiquement parlant bien entendu. On suppose tout de même que pas loin de 750 tonnes de viande chevaline aurait été écoulées dans plus d’une dizaine de pays européens.

Et le Halal dans tout ça?

Les musulmans sont-ils concernés par cette affaire ? La logique veut que si des consommateurs lampdas ont été lésés quant au contenu de leur assiette, il en soit de même pour le consommateur musulman. Au lieu de viande bovine dite « halal », sans doute certains de nos frères et soeurs se sont-ils régalés de plats à base de canasson. Dieu Le Très Haut a dit dans Le Saint Coran :

« Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui d’Allah, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d’une chute ou morte d’un coup de corne, et celle qu’une bête féroce a dévorée – sauf celle que vous égorgez avant qu’elle ne soit morte. (Vous sont interdits aussi la bête) qu’on a immolée sur les pierres dressées […] »
Sourate 5 La Table servie (al-Mâ’ida), verset 3

Etant donné le flou artistique qui semble régner sur le sujet, rappellons tout de même que le musulman se doit d’agir conformément à ses pincipes. Même si cela sous-entend que pour ce faire, il devra renoncer à un bon plat de lasagnes industrielles et se contenter d’une simple omelette. Au moins le temps que la législation lui permette de savoir exactement ce qu’il mange.

Finalement, la psychose qui gagne les consommateurs semble justifiée. En attendant le jour ou les industriels trouveront le moyen de nous vendre de l’eau en poudre, pourquoi ne pas retourner à une consommation raisonnée et se contenter de plat à moins de 50 ingrédients ?

 

 

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