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Sommes-nous, tous, des « Anders Behring Breivik »?

 

Cela fait maintenant 6 jours que le procès d’Anders Behring Breivik a débuté. Accusé d’avoir commit, le 22 juillet dernier, une tuerie et un attentt causant la mort de 77 personnes en Norvège. Le procès durera dix mois. Au delà du crime et de son caractère inhumain manifeste, le procès cherche désormais à comprendre ce qui a poussé cet homme à commettre un tel crime. Où puise t-on une haine pareille? Comment l’homme peut-il se sentir « devoir » réaliser une mission d’une telle ampleur?

Les raisons de la colère

Alors que la première expertise le déresponsabliser pénalement, le disant atteint de « schizophrénie paranoïde », Anders Berhing Breivik assure qu’il n’est pas fou et ne cesse , depuis le début du procès, d’expliquer les raisons de son crime. A l’entendre parler, Anders Berhing Breivik révèle la complexité de l’homme, de chacun de nous. Il révèle également nos faiblesses et les capacités de manipulation voire d’auto-manipulation dont nous sommes capables. Si Anders Breivik est bien, comme il dit, sein d’esprit, il est le miroir de chacun de nous et émets par son témoignage la possibilité qu’ une personne « normale » , puisse, du jour au lendemain, atteindre le degré de folie de cet homme.

Les causes résident principalement dans la défense de l’Europe, en l’occurence la Norvège d’un islamisme conquérant qui voudrait faire de l’Europe , l’ « Eurabia ». Une idéologie partagée principalement par les partis d’extrême-droite dont fait partie Anders Berhing Breivik. Le multiculturalisme serait donc un danger, pire une conspiration des gouvernements européens. Dans quel but? On l’ignore pour l’instant. Une mission dont il se sent responsable, et pour laquelle il s’est longtemps préparé. Surtout humainement. Comment devient-on criminel ? Anders Breivik révèle qu’il a dû s’éduquer et apprendre à gérer ces sentiments de sorte qu’il ne soit pas affaibli par son humanité.

[pullquote_right]j’avais cent voix dans ma tête qui me disaient; Ne le fais pas! Ne le fais pas[/pullquote_right]

L’éducation fait le criminel

 Ainsi, en détaillant l’éducation par laquelle il s’est au fur et à mesure déshumanisé, il défend par là sa nature humaine. L’idée qu’il ait dû, au fond, changer sa nature affirme que l’éducation fait le criminel. En effet, à la question de sa froideur et de sa rigidité, il répond que « je m’effondrerais mentalement si j’enlevais les boucliers mentaux que j’ai dressés« . Anders Behring semble donc conscient de son acte qu’il qualifie de « cruel« , de « macabre » et de « barbare« . Il ajoute que s’il en parle de manière si dure, si « technique » c’est que » si j’avais essayé d’employer des termes plus normaux, je pense que je n’aurais pas pu en parler du tout« . (Nouvel Obs)

Il confie également qu’il est habituellement une personne « sympatique« , mais dans le cadre de ce projet, il a dû se forger une nouvelle personnalité;  il est devenu criminel. « Il faut déshumaniser l’ennemi« ; c’est à ce travail qu’Anders Behring Breivik s’est consacré pendant six ans. Sans cela, ses sentiments humains l’ auraient submergé. Une déshumanisation qui ne s’est pas imposé à lui seul, il a aussi dû déshumanisé l’autre, l’ennemi. Entre autres, le musulman. Une haine sans bornes qui n’empêche pas qu’au moment de la tuerie, il trouve l’acte de tuer « extrêmement difficile », en effet, « tout mon corps a essayé de se révolter quand j’ai empoigné mon arme…j’avais cent voix dans ma tête qui me disaient ‘Ne le fais pas! Ne le fais pas!‘ »; cite t-il. Un semblant d’humanité qui s’effondre, quand il affirme que malgré tout, ses victimes étaient des « cibles légitimes« . Tout serait donc dans la légitimité, l’autre se résumerait uniquement à  l’image que j’en ai. Un crime qui déconstruit la pensée sartrienne, selon laquelle nous ne sommes que ce que les autres pensent de nous, autrement dit serions-nous si inhumains?

 

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