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Le Centre d’Accueil de Jour : un petit «chez-soi» pour ceux qui n’en ont pas

« Ici je retrouve mon humanité »

Le Centre d’Accueil de Jour : un petit «chez-soi» pour ceux qui n’en ont pas

« Ici, c’est calme. Le plus dur quand on vit dans la rue, ce n’est pas le froid ni la faim. On peut toujours se débrouiller. C’est le bruit et l’angoisse de se faire tabasser, ça, ça prend toute ton énergie et tout ton temps. Ici c’est calme, on peut se poser pour un moment. » Leïla*, jeune femme de 24 ans, est sans abri depuis quelques années. Comment s’est-elle retrouvée dans cette situation si jeune? « J’avais 20 ans, je refusais toute autorité, je ne m’entendais plus avec ma famille, qui m’a mise à la porte. » Nous n’en saurons pas plus sur sa famille. Elle n’est pas habituée à parler de son passé, à parler tout court. Elle semble embarrassée, presque inquiète par le fait que l’on s’intéresse à elle alors qu’elle tente, tous les jours, de passer inaperçue. Leïla vient tous les matins prendre un petit-déjeuner consistant et chaud pendant que son linge tourne dans une des machines à laver mises à la disposition des bénéficiaires: « Je croyais au début que ce centre n’était ouvert que pour les musulmans, sourit-elle un peu gênée. Mais dès que je suis arrivée, on m’a accueillie sans poser de questions. Il y a un salon, un coin Internet, des douches, des machines à laver. Je peux regarder la télé et discuter de l’actualité avec les autres personnes. »


secours islamique france Elles seront plus d’une centaine à passer aujourd’hui dans ce centre qui accueille une variété de personnes : suite à notre évaluation, nous avons constaté que le département de l’Essonne manquait de structures d’accueil pour les sans-abri ; seuls deux centres existaient. Depuis 2012, nous travaillons en complémentarité avec eux ainsi qu’avec le Samu social, qui nous envoient régulièrement des personnes à accueillir: sans domicile fixe, sans-abri, travailleurs pauvres, femmes, hommes seuls, mères isolées, étudiants, gens du voyage. Après un accident de vie, ils se retrouvent dans la rue, sans repère. C’est pourquoi nous avons voulu recréer l’ambiance d’un petit “chez-soi”, d’autant plus que maintenant nous avons le sésame de la vie sociale : l’agrément de domiciliation. Depuis 2013, 400 personnes reçoivent leur courrier par le biais du centre. Notre conseillère les accompagne dans leurs démarches administratives pour redémarrer progressivement une vie sociale.

Une vie sociale, c’est ce qu’est venu chercher ici Maurice*, « en plus d’avoir la sensation unique de porter des vêtements chauds et propres », confesse-t- il dans un demi-sourire. À 14 heures, Maurice savoure deux blanquettes de veau : « Je viens ici presque tous les jours. Ici, je trouve des personnes à qui parler. Je retrouve un peu de dignité. Ici, on me répond quand je pose une question; on me regarde dans les yeux; ici, je lave mon linge et fais ma toilette comme tout le monde; j’ai une opinion, une voix, un regard, un visage, je retrouve mon humanité. » Maurice était professeur dans une autre vie. « J’ai quitté mon ancienne vie par amour et cela n’a pas marché. L’amour m’a amené ici et maintenant je suis seul avec une main tendue : celle des gens du centre. » Il est 21 heures, heure à laquelle le centre ferme ses portes lorsqu’il fait très froid.

Récit à retrouver sur Secours Islamique France

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