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L’émouvante lettre de la mère de Cédric Herrou, jugé pour avoir aidé des réfugiés

Cédric Herrou a été de nouveau interpellé mercredi soir et mis en garde à vue avant d’être relâché 36 heures après. Son frère Morgan Herrou et une militante du collectif Roya Citoyenne, Lucile Boucard, ont également été interpellés jeudi après-midi et remis en liberté vendredi.

« Je suis la mère de celui contre lequel vous vous acharnez »

Le tort des ces trois militants reste similaire : ils sont tous trois accusés d’avoir apporté un peu de chaleur humaine à des migrants durant plusieurs mois. Trois Érythréens mineurs, pour lesquels Cédric Herrou attendait depuis plus d’un mois qu’ils soient pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance, ont été arrêtés durant son interpellation. Cédric Herrou a adressé une lettre au procureur de Nice en guise de protestation, dans laquelle il fait part de sa déception et de sa colère :

Monsieur le procureur, Vous avez fait pleurer ma mère, mon père.
Vous avez arrêté mon frère, mon amie. Vous nous avez mis sous les verrous, traités comme des chiens, des malfrats.
Vous avez ordonné à une trentaine de gardes mobiles, armes aux poings, d’entrer sur mes terres, prendre ces trois enfants sans parents, qui attendent chez moi, depuis plus d’un mois d’être pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance.
Ces enfants ont connu la guerre, la torture, l’esclavagisme.
Ces enfants que je protège Ces enfants qui m’ont donné leur confiance.
Vous avez au nom de votre France, violé les droits de l’Enfant! Ils attendaient sécurité de la part de notre pays!
Vous me savez sensible aux personnes que j’aide, aux personnes que j’aime.
Vous savez que ma liberté ne s’arrêtera pas aux barreaux de vos prisons et vous tapez là où ça fait mal !!!
Sachez Monsieur le Procureur que je resterai fidèle à mes convictions, que ma France, que notre France, continuera à défendre les droits des hommes, des femmes, des enfants présents sur le sol français au nom de nos valeurs qui fondent la République Française.
Ne pensez pas que je suis seul, nous sommes des milliers, des millions! Chacun son métier, le mien c’est agriculteur, le vôtre c’est de faire respecter la Loi.
Loi qui protège et fait que le vivre ensemble soit la règle primordiale de notre démocratie.
Vive notre France et …..celle que que tu représentes

Révoltée par le sort réservé à son fils, la mère de Cédric a également adressé une lettre au Procureur, une lettre qui rafraîchira la mémoire à certains politiques et leur rappellera d’où ils viennent.

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