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[INTERVIEW] - Ismaël Boudjekada, candidat à la prochaine élection présidentielle

[INTERVIEW] – Ismaël Boudjekada, candidat à la prochaine élection présidentielle

L’année 2017 verra l’élection présidentielle avoir lieu en France. Parmi les candidats déjà pressentis se trouvent des représentants des partis habituellement sur le devant de la scène politique. Cependant, dans l’ombre, on retrouve un candidat indépendant : Ismaël Boudjekada. Ce dernier n’hésite pas à interpeller les politiques sur les réseaux sociaux mais aussi en allant à leur rencontre. Ainsi sur Katibîn.fr nous voulions en apprendre plus à son sujet et par la même occasion vous le faire (re)découvrir.

– Vous êtes donc Ismaël Boudjekada, comment vous présenter avec davantage de détails ?
En toute simplicité, je me présente tel que je suis vraiment : un citoyen touche-à-tout qui a été touché très tôt par le virus, non pas de la politique comme on le répète souvent dans la presse, mais celui de la chose publique et de l’intérêt général. Cela fait sept ans que j’ai pris la plume pour rédiger mon premier livre à caractère politique. Je fais partie de celles et ceux qui en ont ras-le-bol de voir les mêmes visages aux responsabilités avec le même degré d’inefficacité.

Alors que des solutions à notre galère commune me paraissaient être limpides, je remarquais cette persistance de nos représentants dans des sentiers bien connus pour nous mener droit dans un mur. Alors j’ai décidé de me bouger, de rassembler à mon niveau et de former une équipe de citoyennes et citoyens qui, comme moi, ont cette envie folle d’en finir avec le copinage, les polémiques de bas niveau et tout cela, en s’affirmant forces de propositions !

 

– A 21 ans, vous êtes le plus jeune candidat à vouloir vous présenter à la prochaine élection présidentielle, pensez-vous que votre jeune âge et votre manque d’expérience en politique puissent vous faire défaut ?
Dans un premier temps, on pourrait le penser, et c’est normal. Néanmoins, à la différence de beaucoup, je ne vois pas ma candidature comme un combat mené en individuel. Je me vois comme un humble porte-parole d’une équipe riche de ses diversités. Je suis celui qui s’imprègne de leurs expériences et qui me place un peu en punching-ball, prêt à faire face à ces vieux briscards de la politique que l’on voit sur nos écrans depuis deux, voire trois générations. Mais aussi prêt à défendre avec assurance et détermination un projet pragmatique, que j’ai voulu bien articulé.

Imaginez. Je suis l’invité d’un plateau face à un grand nom de la politique, riche de plusieurs décennies d’expérience politique. Il suffit que cet individu me mette mal à l’aise pour que les téléspectateurs pensent naturellement que c’est normal. « Il n’a que 21 ans, après tout ». Imaginez l’inverse. Que je mette mal à l’aise ce politique au parcours bien établi. Là, c’est quand même un peu plus embêtant pour celui que j’aurais en face de moi. En toute humilité, je ne les crains pas, et je leur conseille, gentiment, de ne pas trop me sous-estimer au risque d’avoir quelques sueurs froides.

Hé puis bon… Entre nous… Vous voulez vraiment qu’on parle du bilan de ceux qui revendiquent une grande expérience ? Si l’expérience était gage d’efficacité, cela ce saurait, non ?

 

– Quels sont les changements que vous pensez justement apporter aux Français ? Quelles seront les idées neuves ?
Dans un pays où la misère ne cesse d’augmenter, la dignité de nos compatriotes n’est plus assurée : cela montre bien la nécessité de remettre en question la tenabilité de notre modèle social qui, ne nous en cachons pas, est bel et bien à bout de souffle ! De la sorte, je propose la mise en place du Revenu de Base : un revenu versé à chaque membre d’une collectivité, âgé de 16 ans et plus, de manière inconditionnelle.

La transition devra se faire de manière intelligente, longuement réfléchie, et paramétrée. La taxe sur les transactions financières, la restructuration de notre dette publique et notre liberté d’investissement à nouveau retrouvée sont autant de paramètres rendant possible le financement d’un revenu de base inconditionnel, en ce qu’ils sont, à eux-seuls, générateurs de nombreuses recettes.

Concernant les sans-emploi, par cette mesure, leur dignité sera garantie ! En effet, en percevant ce « minimum vital » ils auront (enfin) de quoi payer leur loyer, se nourrir, s’habiller. Par ailleurs, le revenu de base étant inconditionnel, il permettra à nos compatriotes désireux de choisir un parcours autre que celui se limitant à la sphère conventionnelle de l’emploi rémunéré, de le faire avec la garantie de ne pas être face à un manque quelconque de moyens visant à remettre en cause la couverture de ses besoins vitaux.

S’agit-il pour autant de payer les individus à ne rien faire ? Bien évidemment non puisque l’emploi, aussi, sera revalorisé ! Étant compris dans le salaire du travail, le revenu de base rendra possible une diminution des coûts du travail tout en réconciliant les employeurs et les employés entre eux. En effet, bien trop souvent on oppose ces deux groupes d’individus en sous-entendant que leurs intérêts n’étant pas les mêmes, ce qui va dans le sens de l’un irait forcément dans le sens contraire de l’autre. C’est un non-sens. Le revenu de base se substitue au salaire. En d’autres termes, prenons un salarié touchant 1100€, avec un revenu de base de 1000 euros par mois. Sans le revenu de base, l’employé coûte à l’employeur quasiment le double lorsque les charges salariales sont comptées, à savoir 2200€. Avec un revenu de base, l’employeur vous reverse en net 1000 euros seulement par mois, sa baisse de charges est donc considérable. Vous ne lui coûterez que très peu. Mais qui diable irait travailler 140 heures par mois pour quelques 1000 euros ? Bien peu de monde, n’est-ce pas ?

C’est là que votre employeur n’aura pas d’autres choix que de revaloriser votre salaire de 600 à 800€ net par mois : l’Etat l’y obligera de manière contractuelle. Imaginons que celui-ci vous augmente de 800 euros par mois. En net, il vous reversera donc 900€. Soit un coup de 1800€, charges comprises, pour l’employeur. C’est 400€ de moins qu’avant la mise en place d’un pareil revenu inconditionnel : inespéré pour l’employeur pour qui vous représenterez une charge moins importante, quand, au même moment, vous verrez votre pouvoir d’achat augmenter de 800€ supplémentaires.

Le revenu de base que nous proposons est donc une mesure neuve, moderne, aux antipodes des rustines de basses qualités que nos représentants collent depuis des lustres sur un pneu activité économique crevé ! Il s’agit là d’une des mesures clés de mon programme.

 

– Sur vos réseaux sociaux vous partagez régulièrement les articles à votre sujet dans les médias, vos opérations « coup de poing », vos interventions sur les ondes des radios… vous n’en faites pas un peu trop ?
On ne peut pas me reprocher de rendre compte des actions que je mène. L’engagement d’un citoyen indépendant est suffisamment peu couvert médiatiquement pour qu’en plus nous nous privions d’user des moyens de communication mis à notre disposition ! À ceux qui pensent que j’en fais trop, je leur demande de s’assurer qu’eux, n’en font pas trop peu.

 

– Où en êtes-vous des parrainages nécessaires pour vous présenter à l’élection présidentielle ?
Nous avons dépassé le seuil symbolique des 250 parrainages sur 500 nécessaires. Plusieurs alliances en cours de négociation pourraient nous permettre d’obtenir, dans le délai imparti, les parrainages manquants. Par ailleurs, je précise qu’au-delà de la Présidence de la République, nous sommes engagés sur les législatives, où nous comptons bien être présents sur l’intégralité des circonscriptions, étrangères et DOM-TOM comprises. Une première pour un mouvement indépendant !

 

– Enfin, à votre sens, quelle mesure le prochain président français devrait décider en premier lieu, avant les autres ?
J’accorde une importance particulière à la question de la réforme profonde de notre modèle sociale, soulevée plus haut. J’invite nos responsables politiques, à commencer par le Premier des Français à faire preuve d’un peu de courage. Symboliquement, la lutte contre la fraude fiscale doit être entamée dès son entrée aux responsabilités. Cela passe par :

  • la négociation, à échelle européenne, d’une taxe sur toutes les transactions financières, qui certes existe déjà, dérisoire, que l’on veut élever à hauteur de 10% pour un gain d’environ 10 000 milliards d’euros par an.
  • l’allocation de moyens économiques, humains et juridiques considérables : aujourd’hui, les candidats à la primaire de la droite nous parlent sans cesse de la fraude sociale, qui coûte 6 milliards d’euros chaque année, quand la fraude fiscale coûte 60 à 80 milliards d’euros. Je ne dis pas qu’il ne faut pas en parler, mais qu’il faut se donner des priorités et chercher l’argent là où il se cache depuis trop longtemps. Pour cela, je propose d’embaucher massivement des contrôleurs fiscaux mais aussi retirer l’agrément financier à toutes les banques pourvues de filiales dans les paradis fiscaux tout en les contraignant, par la loi, à nous communiquer les noms de leurs clients possesseurs de comptes offshores et protégés par le secret bancaire.
  • enfin, accorder un délai de six mois aux fraudeurs fiscaux pour se régulariser vis-à-vis du FISC, faute de quoi nous légiférerons afin de faire en sorte que toute personne non-régularisée et rattrapée par le FISC soit dans l’obligation de rembourser le triple du préjudice économique subi, tout en n’excluant pas une déchéance de nationalité. On appartient à une communauté nationale à partir du moment où on participe à l’effort collectif.

J’attends, bien évidemment, le prochain Président de la république sur ces questions fondamentales !

2 plusieurs commentaires

  1. Ismaël fait preuve d’un courage qu’il convient de saluer à sa juste valeur; puissent ce courage et ses idées novatrices réveiller une classe politique endormie et dépourvue d’initiative. Je lui souhaite de persévérer et d’être reconnu …

    Si j’étais français, je l’aurais bien volontiers soutenu, certes selon mes maigres moyens …

    Courage, Ismaël … !!

    Luc.

  2. Ismaël avec de tels idées sur le lobby financier finira comme Kennedy et beaucoup d’hommes politiques qui ont osé attaquer ou prêcher pour la nationalisation de la finance (qui à mon sens est la clé à tous les problèmes économiques et sociaux des économies modernes).

    En somme, ce jeune homme a beaucoup de courage et de spontanéité mais aussi de naïveté qui manque cruellement dans le monde politique d’aujourd’hui.

    Garçon, je vous souhaite vraiment beaucoup de courage et serait votre premier électeur car j’adhère complètement à vos idées, réels, efficaces et utiles au bon vivre ensemble dans nos sociétés modernes.

    Un conseil personnel : restez sincère, intègre et n’oubliez pas que la réussite dépendra de votre volonté à vraiment faire passer l’intérêt public avant vos intérêts personnels. Une telle dévotion pour les autres est vraiment une qualité perdue depuis plusieurs générations et pourtant les hommes les plus influents de l’humanité ont avant tout fait passer l’intérêt général au prix de leur sacrifice personnel.

    Bon courage et je vous souhaite beaucoup de réussite.

    Felouss

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