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Enquête inédite : portrait des musulmans de France

L’Institut Montaigne a publié ce dimanche une enquête « inédite » de l’ifop, qui dessine pour la première fois un portrait des musulmans de France, montrant des profils très divers, des plus intégrés aux valeurs de la France aux plus en marge de la société.

Des musulmans majoritairement jeunes

Selon cette enquête, 5,6 % des Français de plus de 15 ans se déclareraient musulmans, (entre 3 et 4 millions de personnes), soit beaucoup moins de musulmans en France que les « chiffres fantaisistes » régulièrement avancés, souligne le rédacteur de cette enquête Hakim El Karoui. Cette proportion dépasse 10 % chez les moins de 25 ans ce qui montre que la communauté musulmane de France est une communauté particulièrement jeune, dont l’âge moyen se situerait autour de 36 ans.

Un classement  en trois catégories

Selon ce rapport, 46 % des musulmans seraient « soit totalement sécularisés, soit en train d’achever leur intégration », autrement dit, des musulmans intégrés aux valeurs françaises. Ce groupe ne réunirait que peu de jeunes.

Un deuxième groupe, représentant 25 %, est plus pieux et plus identitaire : ces musulmans souhaiteraient par exemple pouvoir exprimer leur appartenance religieuse au travail et dans l’espace public tout en rejetant le voile intégral.

Le dernier groupe, évalué à 28 %, réunit des croyants qui ont « adopté un système de valeurs clairement opposé aux valeurs de la République », s’affirmant « en marge de la société ». Ce groupe rassemblerait surtout les jeunes, les moins insérés dans l’emploi et les convertis.

Un groupe « problématique »

Le dernier groupe cité est ainsi décrit comme « plus problématique », surtout que parmi les personnes interrogées pour l’enquête, 29% estiment la charia comme étant plus importante que les lois républicaines.

Certains relativisent ces résultats, comme le président du CFCM pour qui « La quasi-totalité des musulmans de France sont très très attachés à leur pays, aux valeurs de la République ». (Précisons que selon l’enquête, le CFCM est représentatif des musulmans de France pour seulement 9% des interrogés). D’autres en revanche sont confortés dans l’idée qu’il devient urgent de « réorganiser l’Islam de France ». Des pistes ont été données, comme la nomination d’un « grand imam de France» pour exprimer une doctrine républicaine, la création d’un secrétariat d’État aux affaires religieuses et à la laïcité, ou encore un enseignement renforcé de l’arabe à l’école publique pour éviter l’apprentissage dans les mosquées.

Cette étude est intéressante parce qu’elle donne une idée de l’Islam de France. Cependant, on peut déjà voir comme toujours que parmi toutes les informations recueillies, celles les plus mises en avant par les médias sont celles qui « font peur », montrant un Islam qui progresse et se radicalise, qu’il faut donc absolument « réorganiser ».

Un commentaire

  1. C’est une très bonne idée que d’avoir commenté cette étude et je suis d’accord avec vos commentaires
    Cette étude enfonce un clou : on ne peut pas parler des musulmans comme d’un corps uni, mais comme plusieurs types ayant des idées très différentes
    Pour la paix de notre beau pays (je parle de la France) savoir que la moitié des musulmans est intégré est une excellente chose
    Pour les menaces de paix, il est grave que le groupe problématique représente tout de même 29% et soit encore à souhaiter la charia. L’histoire de France est constitué de luttes depuis 250 ans pour construire une belle démocratie ou l’égalité des individus est sans cesse à protéger. Les musulmans intégrés doivent faire tâche d’huile pour que cette proportion de problématiques recule. La charia pouvait peut-être servir de loi il y a 1500 ans, ce serait faire reculer l’humanité que de la prôner. Elle doit disparaître des esprits.
    L’islam de France doit progresser et nous pouvons servir d’exemple pour le monde entier

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