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Ma ‘Omra : premier jour de jeûne à la Mecque

Le meilleur moment pour accomplir la ‘Omra est le mois de ramadan. En effet, le Prophète, que la paix et la bénédiction soient sur lui, a dit : « La ‘Omra accomplie pendant le mois de Ramadan, équivaut (en rétribution) à un Hadj » (hadith dont l’authenticité est unanimement approuvée). Selon une autre version d’Al-Boukhari : « … équivaut à un Hadj accompli avec moi ». Par sa grâce, Allah m’a permis d’effectuer une ‘Omra pendant le ramadan 2015 accompagnée de mon frère. Voici comment j’ai vécu les différentes étapes de ce pèlerinage.

Un long voyage

Généralement, les agences proposent d’aller d’abord quelques jours à Médine avant de partir pour la Mecque. Pour nous, ce fût le contraire. Nous avons donc débuté notre voyage par la ‘Omra. Départ de Paris l’après midi du premier jour de ramadan. Après de longues heures de vol, nous avons atterri au Caire pour une escale, l’occasion de se mettre en état d’ihram (se préparer pour la ‘Omra). Je me souviens encore que, assise dans un grand hall, je voyais les hommes sortir tour à tour des vestiaires, revêtus de leurs deux vêtements d’ihram. (al-Izâr et al-Ridâ’). Plus la salle se remplissait de ces hommes vêtus de blanc, et plus nous ressentions que le moment tant attendu approchait.

Peu de temps après nous sommes montés dans le second avion. Au bout de quelques minutes, on nous a informé que nous survolions le miqat (qui est l’endroit à partir duquel la ‘Omra commence). A partir de ce moment, les voix des pèlerins s’élevèrent dans l’appareil « labayk Alloma labayk, labayka la charika laka labayk, inna alhamda, wani’mata, laka wa almoulk, la charika lak » (« Je réponds à Ton appel ô Allah! Je réponds à Ton appel. Tu n’as point d’associé. La louange et le bienfait t’appartiennent, ainsi que la royauté, Tu n’as point d’associé »). Cela semblait si irréel, d’être dans un avion plein de pèlerins qui déclaraient haut et fort à Allah qu’il arrivaient, répondant à Son appel.

Nous avons atterri et sommes arrivés à notre hôtel vers 7h du matin. Il faisait déjà chaud, une trentaine de degrés. Notre guide nous a alors annoncé que nous effectuerions la ‘Omra après la prière du tarawih soit vers 23h (prière surérogatoire du ramadan, qui s’effectue après la dernière prière obligatoire), et ceci pour nous laisser le temps de nous reposer et pour éviter la difficulté d’une ‘Omra en état de jeûne. Pour mon frère et moi, il était inconcevable d’attendre autant, et malgré une petite appréhension, nous voulions l’accomplir le plus tôt possible. La maison d’Allah était si proche, nous ne pouvions attendre plus longtemps. Bien sûr, nous avions pris connaissance des différentes étapes de ce pèlerinage avant notre départ.

La mosquée sacrée

Nous avons pris le temps de nous installer et nous reposer un peu, puis nous sommes montés dans le bus vers 11h. Arrivés sur la grande place de la mosquée, nous avons marqué un temps de pause pour contempler cette merveille : ça y est, la maison d’Allah était juste sous nos yeux. Nous avons été frappés par son immensité : des centaines de personnes entraient et sortaient par les multiples portes qui mesuraient plusieurs mètres de haut. Mes yeux se sont alors posés sur le thermomètre fixé sur l’une des parois : nous avions largement dépassé les quarante degrés. Nous ressentions la chaleur, bien sûr, mais elle était supportable. Aussi, sur la place, des ventilateurs soufflant d’infimes gouttes d’eau rafraîchissaient l’air. Nous sommes alors entrés dans la mosquée, dont tous les espaces couverts sont climatisés. C’était si immense que nous n’arrivions pas à trouver notre chemin. Au bout d’un moment, nous avons  aperçu l’une des passerelles qui entouraient la kaaba (qui, à l’heure actuelle n’existent plus). Ca y est, elle était juste là! Nous nous sommes alors empressés de nous engager sur la passerelle et là, enfin, je la voyais, si imposante et majestueuse. Je n’arrivais plus à détacher mon regard. De l’avoir face à moi, j’ai alors repensé à toute son histoire, à Ibrahim et son fils Isma’il (que la paix soit sur eux), qui l’ont construite et, bien sûr, à notre bien aimé, notre prophète Mohamed (que la paix et la bénédiction soient sur lui), qui s’était battu pour cet endroit, et à tous les événements historiques qui s’y sont déroulés.

Mais il fallait rester concentrée et commencer le tawaf (les sept tours à effectuer  autour de la Kaaba). Nous étions sur la passerelle la plus haute, sous un soleil écrasant. Ayant ôté mes chaussures à l’entrée, je pouvais sentir le sol brûlant sous mes pieds, mais peu m’importait. La joie, l’excitation, mais aussi la concentration me faisaient oublier ces désagréments : c’était le moment des invocations. Alors, tout en marchant, j’ai commencé à implorer Allah. Je ne L’avais jamais senti si proche. J’étais dans Sa maison en état de jeûne, je ne pensais à rien d’autre qu’à Lui. L’émotion me gagnait, et les larmes ont commencé à couler : j’ai alors invoqué, encore et encore, Le suppliant de me pardonner mes pêchés, d’accepter mes œuvres, de me faire entrer dans Son paradis. J’ai ensuite invoqué pour ma famille, mes amis, j’avais mémorisé une liste pour n’oublier personne. Un, deux, trois tours. Le temps passait si vite, je voulais que ce moment ne s’arrête jamais, j’avais tant à Lui demander !

Lorsque nous avons terminé le septième tour, nous avons quitté la passerelle et avons effectué nos deux unités de prière puis nous avons rejoint le circuit qui relie Safaa et marwa. Il fallait effectuer sept fois la distance entre les deux monts. Je me souviens que j’avais été surprise pendant ma préparation à la ‘Omra. J’avais toujours imaginé les pèlerins effectuer ce parcours sous le soleil, dans un désert de sable. La réalité était toute autre : le circuit se situe en réalité à quelques mètres de la kaaba, à l’intérieur même de la mosquée. Au dessus du passage initial trois étages on été construits pour pallier à l’affluence des pèlerins.

Après cela, nous sommes sortis de la mosquée, et avons cherché un coiffeur : un passage obligé pour les pèlerins qui doivent se raser la tête, acte qui marque la fin de la ‘Omra : en deux minutes, mon frère s’est retrouvé chauve sous les lames d’un rasoir. Pour ma part, je me suis raccourci un peu les cheveux en rentrant à l’hôtel.

Beaucoup appréhendent le pèlerinage, que ce soit la ‘Omra ou le Hadj, notamment à cause de la chaleur. Mais lorsque le pèlerin est sincère et entreprend ce long voyage pour la face de son Seigneur, alors Il lui facilite. C’est un voyage inoubliable, qui pour beaucoup renforce leur foi. Pour ceux qui ont les capacités d’y aller, ne gâchez pas cette opportunité de vous rapprocher de votre Seigneur, vous ne serez pas déçus du voyage. Pour ceux qui ne peuvent pas, multipliez les invocations, car Allah n’oublie jamais son serviteur sincère.

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