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Un musée dédié à l’Islam, la polémique ne se fait pas attendre

Suisse : un musée dédié à l’Islam, la polémique ne se fait pas attendre

Un musée dédié à l’Islam provoque mécontentement et suspicions car financé par les pays du Golfe.

Un projet ambitieux mais les islamophobes guettent

Hier, vendredi 27 mai, a été inauguré le musée « des civilisations de l’Islam » à la Chaux-de-Fonds, en Suisse. Celui-ci est le premier musée d’Europe dédié uniquement à l’Islam et à son histoire. Il marque pour sa directrice Nadia Kermous l’aboutissement du « rêve de toute une vie ». Ce projet, initié par des musulmans, pourrait contribuer à améliorer l’image de notre religion car il proposerait selon le conservateur adjoint du musée, une « vision positive de l’Islam et de ses différents courants ».

Mais dans le contexte actuel, un tel projet ne peut certainement pas passer inaperçu, notamment auprès des islamophobes qui sont les premiers à monter au créneau.

Les attaques viennent principalement de l’UDC, parti politique Suisse que certains considèrent comme parti d’extrême droite, mais aussi de citoyens ordinaires qui ont été nombreux à manifester leurs craintes.

Ce qui inquiète le plus, c’est la provenance des 4 millions de francs nécessaires à sa réalisation (environ 3.6 millions d’euros). En effet, une grande partie des fonds proviennent de fondations du Golfe, principalement au Koweït et au Qatar.

Yvan Perrin, grande figure de l’UDC, exprime clairement ses inquiétudes : «  J’y vois la volonté d’implanter un Islam qui pose problème, celui des wahhabites et des salafistes ».

Musulmans anti Islam

Ces réactions pouvaient être prévisibles de la part de personnes qui voient l’Islam comme l’ennemi à combattre. Mais ce qui est plus surprenant, c’est cette minorité qui s’affirme comme « musulmans modérés » qui luttent à leurs côtés contre l’Islam.

Celle-ci, en Suisse, prend le nom de « Forum pour un Islam progressiste ». Ce mouvement se dit ne pas être « une organisation islamique qui prêche une application à la lettre du Coran ». Ils définissent leur but en ces mots : « Nous voulons compléter ce texte par nos connaissances actuelles afin de permettre à l’Islam de devenir une source moderne, humaine et optimiste ».

Ainsi, Saïda Keller-Messahli, la présidente de ces réformateurs de l’Islam, dénonce la naïveté des Chaux-de-Fonniers en déclarant que « Le Qatar, l’Arabie Saoudite et la Turquie travaillent depuis des décennies pour mettre en place leur vision de l’Islam, en finançant de telles structures ».

Se défendre face aux accusations

Face à ces inquiétudes, la directrice du musée tente de rassurer : « Il ne s’agit absolument pas d’un projet prosélyte, mais au contraire de montrer la pluralité de la culture et des civilisations de l’Islam. Notre musée est une invitation au voyage, à la réflexion et au débat ». Elle ajoute aussi que ses donateurs « n’interviennent de toute manière pas dans le contenu du musée ».

Quant au président de la ville de La Chaux-de-Fonds, qui était favorable à l’ouverture de ce musée, il est par la suite passé sur la défensive. Accusé de laxisme, il déclare : « Il s’agit d’un projet privé. Nous n’avons aucun moyen légal ou réglementaire pour l’interdire ».

Ainsi, un projet qui, au final, ne fait que retracer des faits historiques a créé une polémique uniquement parce qu’il est centré sur l’Islam. Notre religion est devenue un sujet tabou et tout ce qui y est rattaché devient suspect.

La Suisse pourtant réputée pour son ouverture d’esprit et sa tolérance ne fait pas exception, et tout comme en France, les islamophobes prennent de plus en plus d’ampleur au sein de l’opinion publique. Mais le plus navrant est que des personnes se disant musulmanes mais « modérées » font au final peut-être encore plus de mal à notre communauté. Non seulement ils partagent les opinions des islamophobes, mais prônant les valeurs de la république, ce sont eux qui sont considérés comme pratiquant le « bon Islam », relayant ainsi les personnes voulant pratiquer leur religion correctement au statut d’extrémistes.

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