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Perquisition : « Madame, désolé, on s’est trompés »

Une perquisition « par erreur »

Dans un climat de méfiance et de paranoïa, les autorités et les renseignements français multiplient les perquisitions aux domiciles de personnes « susceptibles d’être soupçonnés » de radicalisation. En plus de ces actions abusives, il s’avère qu’une famille, à Clichy-sous-Bois, a été la cible d’une perquisition « par erreur » samedi soir.

« Il y avait dix, quinze voitures de police, des policiers qui éclairaient les étages avec une lampe », déclare le père de famille alors dans son balcon lors de l’arrivée des forces de l’ordre, largement remarquée par les riverains. Les fonctionnaires, casqués et armés, débarquent chez la famille. « Ils ont frappé à la porte, mon mari a eu à peine le temps d’ouvrir qu’ils sont entrés. Ma plus jeune fille a commencé à pleurer et s’est écroulée sur le tapis, on était paniqués », confie la mère de famille, alors qu’elle venait de rentrer d’une journée de travail.

Les policiers semblent chercher quelqu’un puisqu’ils ne fouillent pas l’appartement. Alors que le père de famille est tenu devant le pallier, à l’écart du reste de sa famille.

« Dans un grand pays comme la France ? »

Après une demi-heure de panique, les agents décident de partir avec une phrase pour seule explication : « Madame je suis désolé, on s’est trompés ». « Et ils sont repartis, comme ça, sans rien dire d’autre », ajoute la mère. Sous le choque, elle ne comprend toujours pas ce qui s’est passé. « Que la police locale se trompe, je veux bien, mais les services de renseignements, dans un grand pays comme la France ? On ne peut pas agir ainsi, sans explications, et nous laisser comme ça. On n’a pas dormi de la nuit ».

« Nous sommes Turcs, musulmans, en France depuis 30 ans, nos enfants sont nés ici, nous savons ce que nous devons à la France, jamais nous ne trahirons le drapeau tricolore », s’exclame l’épouse qui est restée cloitrée avec ses enfants tout le week-end. Les équipes départementale et locale qui ont conduit la perquisition s’étaient trompées d’étage, ils ont ensuite rendu visite à la famille qu’ils cherchaient, sans trouver la moindre preuve de radicalisation bien sûre.

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