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Une femme tombe à l'eau avec son enfant sur une plage de Lesbos après avoir traversé la mer Égée depuis la Turquie, en octobre. (AFP/Aris Messinis)

Aris Messinis : « Il faut que le monde entier voit cela »

Aris Messinis, reporter et responsable photo de l’Agence France-Presse en Grèce, rapporte que la situation chaotique des réfugiés les a accompagnés durant leur long périple, mais a également élu domicile sur les côtes grecques.

La conscience

Aris Messinis, habitué des clichés pour obtenir les meilleures photos, a tout simplement laissé tomber l’appareil photo pour venir en aide aux réfugiés. Face au chaos, faire ce choix était bien plus fort que celui de couvrir la plus grande crise migratoire depuis 1945. Pourtant, comme l’écrit Aris Messinis, il s’est aussi confronté aux regards malveillants de certains confrères qui ne semblent pas comprendre que « la vie » prévaut sur « la bonne image » figée dans la pellicule.

 C’est pourquoi, souvent, je lâche le boîtier et j’aide. C’est un besoin.

Personne ne me l’a jamais dit en face, mais parfois je sens comme un non-dit de la part de certains collègues, quand je pose mon appareil et que je commence à aider. Que je ne devrais pas faire cela, parce que ce n’est pas mon travail, et que je vais peut-être rater une bonne image.

Ce qu’il déplore, c’est qu’il n ‘y ait pas assez de bras pour venir secourir ces femmes, ces hommes, ces enfants et ces bébés qui, après avoir fui la guerre, traversent une mer qui dicte leurs sorts.

Des médecins tentent de ranimer un enfant qui était sur un bateau qui a coulé près de Lesbos, fin octobre. (AFP/Aris Messinis)

Des médecins tentent de ranimer un enfant qui était sur un bateau qui a coulé près de Lesbos, fin octobre. (AFP/Aris Messinis)

Un goût amer

Depuis de nombreuses semaines, le reporter se lève aux aurores pour se rendre sur la côte, car les bateaux accostent les uns après les autres. Les réfugiés qui pour la plupart traversent cette mer, pensant y trouver la sécurité, n’y trouveront en réalité que désolation. Les sourires et les joies ressentis, à la fin d’un périple digne du parcours de combattant,  s’effaceront des visages pour laisser place aux cris, aux hurlements et à « la panique totale ». Une situation qu’Aris Messinis a eu le temps d’observer et dont l’issue semble jouée d’avance comme il le rapporte :

Mais en ce qui me concerne, les mauvais moments dépassent les bons. De surcroît, je sais ce qui les attend. J’ai suivi des réfugiés cet été de Grèce en Europe du nord. J’ai fait le voyage, je sais ce qu’ils vont endurer.

Ils ne sont pas les bienvenus en Europe. Peut-être qu’ils sont contents quand ils arrivent sur la plage, mais ce n’est que le début.

Aris Messinis a troqué le cliquetis de son appareil pour tendre sa main et dire au monde que des êtres humains se meurent dans une mer qui les bercent jusqu’au fracassement des corps contre les falaises de l’Europe. Une Europe, où « ils ne sont pas les bienvenus ».

La belle Europe qui se dandine dans ses plus beaux discours brodés d’humanisme et danse la valse au son des cris qui hurlent à sa porte. La belle Europe.

Un commentaire

  1. Asalam alaikom wa ramatuh Allah, si ils sont LES BIENVENUS EN EUROPE MES CHERS FRERES ET SOEURS.. ce ne sont que les racistes en minorité qui prennent la parole et sont contre eux, mais la plupart de la population sont pacifiques en Europe et sont pour les aider, c’est obligés, je suis francaise et issu moi aussi de changement de pays, depuis tout les temps il y a différentes cultures et migratiuon des peuples en France, des espagnols des italiens, des anglais des hindou peu importe, la France c’est le pays des multi culture et toutes les terres le sont, pas de frontière de race.

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