Accueil / Actualités / « Mimi » : Les médecins urgentistes face à l’horreur en Syrie
Mahdia, petite fille de 4, transférée dans des conditions d'extrêmes urgences vers l'hôpital d'Ildib rencontre le Dr Zouhair Lahna.

« Mimi » : Les médecins urgentistes face à l’horreur en Syrie

Depuis maintenant quatre longues années, la Syrie est à feu et à sang, si bien qu’aujourd’hui la médecine générale à laissé place à la médecine de guerre. N’importe où, n’importe quand, la population civile vit dans la peur d’y être confrontée. Les mortiers, les bombardements dont les descentes vertigineuses emportent pour certains les vies et pour d’autres les laissent dans des corps ravagés, dévorés par des éclats d’obus, pour qui le pronostic vital reste toujours incertain comme « Mimi ».

Qui est Mimi ?

Mimi, surnom donné par ses proches, de son vrai nom Mahdia, est une petite fille de 4 ans à peine, exaltant les traits de l’innocence, à qui on a volé sa chair, broyé les os de son bassin, ruiné son appareil génital, si bien que son vagin en a été sectionné. Arrivée le vendredi  à l’hôpital d’Idlib, où les médecins l’attendaient déjà car l’état d’urgence de la médecine de guerre c’est d’être sur le qui-vive à chaque instant, l’équipe médicale découvre l’horreur.

Alors que le Dr Lahna accompagné de ses confrères opèrent la petite Mimi, l’intervention s’avère complexe.

Le Docteur Zouhair Lahna nous relate la prise en charge de cette petite fille mais aussi le choc visuel dont ses confrères et lui-même ont été amenés à vivre :

« Quand on a commencé à défaire les pansements de la petite, les plaies nous ont choqués même si on est des médecins. »

Victime du chaos, de l’horreur, victime d’un monde dans lequel elle ignore tout encore, Mimi, petite fille pleine de beauté porte désormais en elle-même la noirceur des hommes. Le vendredi matin, les avions au dessus des toitures frappent, larguant des obus dont l’un cible la maison de Mimi, lui arrachant sa mère et sa tante dans l’instant et blessant ses soeurs. Comme le souligne le Docteur Lahna : « Cette petite fille est la victime de l’escalade militaire au sud d’Idlib ». Pour mieux en témoigner, ce médecin a figé ces instants chaotiques, pendant de très courtes pauses ou entre des opérations, via sa page facebook pour que le monde en soit témoin et espérant l’éveil des consciences :

« Comment éveiller les consciences d’un monde aveugle et sourd? »

Tandis que des civils comme Mimi et sa famille sont les premières victimes de cette guerre, les secouristes n’en sont pas moins épargnés et les effectifs se réduisent cruellement. Ceux qui restent par choix ou par contrainte n’ont d’autres choix que de brandir leur stéthoscopes.

Le don de soi, au péril de leur vie

La situation dramatique de la Syrie a conduit l’exode de nombreux médecins très compétents, cherchant eux aussi à fuir la guerre. Conséquence intrinsèque ; ce sont de très jeune médecins n’ayant, dans la majorité des cas, pas terminé leur cursus qui reprennent la relève, tant bien que mal.

Lors de la première journée Palestino – Française Médico – Chirurgicale qui s’est tenue hier à l’Université Paris Descartesa  , le Professeur Raphaël Pitti, formateur en médecine de guerre, s’est exprimé sur la prise en charge du polytraumatisé en condition extrême. En Syrie, où il forme depuis presque 4 ans des infirmiers, des urgentistes et médecins à prendre en charge des polytraumatisés en « 20 minutes top chrono », il arrive bien trop souvent que ces hommes et femmes deviennent à leur tour des polytraumatisés. Pendant son intervention, il révèle « qu’à Alep, les premières victimes sont les secouristes ». Parce que le vice n’a plus de limite, c’est dans de véritables traquenards que les urgentistes sont entrainés. Après l’envoi d’un premier mortier sur une zone définie, causant nombre de décès et de blessés, les urgentistes au péril de leur vie savent que lorsqu’ils iront extraire les blessés, l’envoi d’un second mortier sera « imminent ».

Sous le feu des artilleries lourdes, ces hommes et femmes qui œuvrent pour sauver des vies n’hésitent pas à se mettre en danger pour que la seule victoire soit la vie. Ils œuvrent pour que des hommes, femmes et enfants comme Mimi puissent être soignés.

Arrivée de la petite Mahdia à l’hôpital d’Idlib

2 plusieurs commentaires

  1. Collecte de dons pour la petite Mahdia ( 4 ans ) victime d’un obus le Vendredi 9 octobre 2015 dans le Nord de la ville de Hama en Syrie.

    https://www.cotizup.com/pourmimi/

  2. Le petite Mahdia a besoin d’être évacuer de Syrie pour être soigner en Europe

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*