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Emploi : de très fortes discriminations à l’embauche envers les musulmans !

La chercheuse de l’Institut Montaigne, Marie-Anne Valfort, a mené une étude pendant plus d’un an sur les discriminations concernant l’accès à l’emploi. Pour son étude, elle a souhaité observer les différences de traitement en fonction de la pratique religieuse potentielle et du niveau d’études.

Pour Mohamed, c’est 4 fois plus dur que pour Michel

Dans le cadre de son travail, la chercheuse a envoyé plus de 6000 CV à différentes sociétés, en s’appuyant sur un modèle de candidat fictif simple et crédible. Ces candidatures se sont concentrées sur les métiers autour de la comptabilité (secrétaire comptable, assistant, etc). Le profil des candidats est le suivant : des Français d’origine Libanaise venus terminer leurs études en France et naturalisés par la suite ; tous s’apellent Haddad, Michel et Nathalie pour les catholiques, Dov et Hesther pour les juifs et Mohamed et Samira pour les musulmans. Tous sont nés à Beyrouth en 1988, arrivés en France en 2003 et naturalisés en 2008, tous possèdent un BTS comptabilité. Afin de suggérer une pratique religieuse, la chercheuse a précisé dans le CV que les études se sont faites dans des écoles confessionnelles et ils sont engagés dans le scoutisme de leur communauté. Les chiffres sont éloquents: un candidat perçu comme musulman pratiquant a deux fois moins de chances d’être convoqué en entretien qu’un catholique pratiquant (10,4% contre 20,8%). L’écart est encore plus grand si l’on isole les hommes: 4,7% contre 17,9%, du simple au quadruple.

Les musulmans en France pire que les noirs aux USA

Les études révèlent que dans la perception des recruteurs, un homme qui pratique l’islam risque à leurs yeux d’avoir une pratique transgressive de sa religion sur son lieu de travail et d’avoir un comportement d’insubordination. Ces préjugés pour l’emploi sont directement liés au regard que porte la société en général sur l’islam. Cette discrimination existe quelque peu aussi à l’égard des juifs, mais est très inférieure, et est quasiment inexistante concernant les catholiques, car concernant ces derniers, une pratique religieuse accrue est perçue comme signe de discipline.

Les « laïcs » moins discriminés

Afin de compléter son étude, la chercheuse a inclut des profils « laïcs » faisant partie d’associations laïques. En ce qui concerne les musulmans, cette particularité double leurs chances d’accéder à l’emploi par rapport aux pratiquants. Enfin, en ce qui concerne les notions « d’excellence » elles ont un impact négatif pour les musulmans, puisqu’un musulman fortement diplômé à cinq fois moins de chance, à diplôme égal, qu’un catholique. Seul changement, pour les femmes, un diplôme élevé supprime pratiquement toutes formes de discrimination à l’emploi.

Cette étude vient confirmer la tendance actuelle sur le regard que la société porte sur l’islam et doit permettre aux musulmans dans leur ensemble de se poser les bonnes questions sur ces résultats. Il est certain que les médias en général véhiculent des choses négatives et ne prennent qu’une partie des faits qui n’est pas favorable à l’image de l’islam. Mais les choses seraient probablement différentes avec une organisation et un comportement général différent de la part de la communauté musulmane.

 

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