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Une migrante au camp de Roszke en Hongrie, le 11 septembre 2015. AP Photo/Darko Vojinovic. - Darko Vojinovic/AP/SIPA

La condition des réfugiés : entre le marteau et l’enclume

Mercredi dernier, après l’appel du Président de la Commission européenne à faire preuve « d’audace » et « humanité » destiné aux membres de l’UE, certains États ont délibérément fait le choix inverse cherchant à faire bloc pour ne pas être dans l’obligation d’y répondre.

Fermeture des frontières

Hongrie, Roumanie, Slovaquie, Danemark, Autriche et la Macédoine, pays candidat à l’élargissement de l’UE, s’accordent sur un point, la fermeture des frontières. Alors que la Macédoine et la Hongrie s’entendent sur une possible fermeture de leurs frontières en érigeant des clôtures physiques, Nikola Poposki, le chef de la diplomatie macédonienne surenchérit en déclarant :

Nous aussi allons avoir besoin d’une barrière physique pour limiter les franchissements illégaux de la frontière (…) Soit des soldats, soit une clôture, soit une combinaison des deux.

Quant au Danemark, le pays s’engage à démontrer son désaccord concernant l’accueil des réfugiés de guerre,en bloquant des trains dans lesquels se trouvaient des migrants en transit vers la Suède, où les réfugiés sont en revanche les bienvenus. Selon i 24news, la politique de Budapest, qui s’apprête à déployer l’armée pour fermer hermétiquement sa frontière avec la Serbie, pousse les candidats à l’exil à accélérer leur marche à travers les Balkans de peur qu’il ne soit bientôt trop tard.

Une impasse chaotique

Les réfugiés syriens arrivés aux portes de l’UE n’en ont pas fini avec l’horreur et les humiliations. Cherchant à fuir le régime sanguinaire de Bachar Al Assad dans l’espoir de vivre en sécurité, ils se confrontent à une guerre d’un nouveau genre et pourtant vieux comme le monde. Celui de la haine, des idées reçues et de la peur. Raisons pour lesquelles, l’opinion publique aime à les nommer « migrants » et non réfugiés de guerre. Par conséquent, dans l’esprit de la majorité et sans en être parfois conscient, le migrant est conditionné à subir les injustices provoquées par des préjugés. Ceux-ci se révèlent par des actes inhumains comme être cloisonné dans les camps et nourri tel de la volaille.

Jeudi dernier, une vidéo a été postée sur Youtube par une bénévole australienne qui s’est rendue mercredi au camp de Roszke, ou l’on peut y voir une foule de réfugiés affamés rassemblés dans un enclos où les forces de l’ordre hongroises sont chargées de distribuer du pain au compte-gouttes.

C’était inhumain déclare Alexander Spritzendorfer, dont la femme filmait la scène pendant que lui-même s’entretenait avec une personne de la Croix-Rouge, avant d’ajouter :

 C’était comme de nourrir des animaux enfermés dans un enclos, comme un guantanamo en Europe.

Malgré une dénonciation de l’ONU sur les conditions inhumaines que subissent ces réfugiés dans certains camps, et notamment celui de Roszke qui a également été mis sous le feux des projecteurs avec l’affaire de la journaliste « au croche-pied », la situation s’embourbe dans un débat politique erroné dont les solutions apportées sont peu voire pas du tout efficaces, laissant les réfugiés entre le marteau et l’enclume.

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