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APA images Une jeune fille tient le drapeau palestinien devant un des bureaux de l'UNRWA (APA images)

L’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens en proie à des difficultés financières

L’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) fait face à un véritable gouffre financier. La rentrée scolaire de centaines de milliers d’enfants palestiniens est menacée par une baisse des dotations financières.

Le rôle primordial de l’UNRWA

L’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA),  a été fondé en 1949. Elle gère plus de 700 établissements scolaires basés dans les camps de réfugiés de Cisjordanie, du Liban mais aussi de Jordanie de Syrie et de Gaza. Elle permet ainsi à près de 500 000 enfants palestiniens d’être scolarisés. L’UNRWA est donc plus qu’une agence, elle est le pilier qui permet à la jeunesse palestinienne de pouvoir accéder à l’éducation. Néanmoins, elle fait face à de graves difficultés financières, puisque son fonctionnement dépend essentiellement de contributions financières émanent des États.  Son déficit s’est largement aggravé ces dernières années, atteignant 101 millions de dollars en 2015. Par conséquent, la rentrée scolaire 2015-2016 de centaines de milliers d’enfants palestiniens s’est vu fortement compromise. C’était sans compter sur la générosité de certains États, qui  a permit d’éviter ce scénario catastrophe. Les États-Unis, accompagnés par les Émirats Arabes Unis  et le Koweït ont opéré une donation de 45 millions de dollars. Une semaine plutôt, l’Arabie Saoudite, faisait lui une donation de 19 millions de dollars. D’autres donations émises par le Royaume-Uni, la Suisse et la Norvège ont permis de réduire les quatre cinquièmes du déficit total de l’UNRWA. Ces dotations financières sont majoritairement employées pour payer les enseignants, puisque l’agence est un des principaux employeurs de la région où le chômage dépasse les 40%. Ces dotations de dernière minute sont un soulagement pour les réfugiés palestiniens qui n’ont que l’éducation comme moyen pour améliorer leur sort.

Une agence dont la survie est de plus en plus menacée

L’UNRWA voit ses dotations toujours plus réduites, à une période où la crise est encore présente, et les difficultés des réfugiés toujours plus accentuées. L’agence a donc été forcée de faire des économies, ce qui l’a contraint à diminuer l’ampleur de ses chantiers de réhabilitation. En fin de compte, ce sont toujours les réfugiés qui en pâtissent et qui voient leurs conditions de scolarisation se détériorer. Leur seul espoir est de voir de nouveaux États contribuer à l’UNRWA. En attendant, l’agence a déjà cessé de verser aux Palestiniens de Syrie venus se réfugier au Liban la somme de 100 dollars, qui leur servait souvent à se loger ou à se nourrir. La survie de cette agence est d’autant plus importante comme l’affirme Matthias Schmale ( secrétaire général adjoint en charge du développement et du soutien des programmes à la fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge) elle assure la sécurité et la stabilité de la région en proie aux extrémistes proches de groupes terroristes. Une mobilisation rapide est donc nécessaire, puisqu’au 1 er janvier 2016 l’UNRWA fera face à de nouvelles difficultés financières qui pourraient remettre en doute sa survie.

Le risque de voir les réfugiés émigrer

Les conditions de vie des réfugiés palestiniens dans les camps sont horrifiantes. Très faible accès à l’électricité mais aussi à l’eau, surpopulation des camps sont le quotidien de tous ces réfugiés. De plus, certaines législations comme au Liban, restreignent l’accès à certains corps de métiers pour les palestiniens. Ziad Himmo, chef du comité populaire qui gère certains camps de réfugiés basés au Liban en partenariat avec l’UNRWA affirmait »priver nos enfants d’éducation, c’est nous inciter à monter dans un bateau pour la Turquie, à émigrer en Europe». Dans une époque où les flux de migrants se dirigeant vers l’Europe ne cessent de s’accentuer, et les catastrophes maritimes de se décupler, il demeure nécessaire de maintenir les financements envers l’UNRWA. Dans un contexte d’exacerbation du conflit israélo-palestinien et d’accroissement des besoins humanitaires, l’office de secours et de travaux des Nations Unies reste le seul espoir de centaines de milliers de réfugiés, espoir dont il est primordial d’assurer la survie à travers le développement de nouvelles dotations financières.

L’UNRWA a donc un rôle plus que primordial, rôle qui dépasse la simple scolarisation des réfugiés, puisqu’elle permet l’amélioration des conditions de vie de ces derniers. Cela évite un développement des flux de migrants vers l’Europe, et réduit par là même le risque accru de catastrophe maritime. Il est par conséquent important de maintenir les dotations financières envers l’office qui se trouve être le vecteur d’une certaine stabilité dans une région toujours en proie aux guerres.

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