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Mohammed Allan, symbole de la détermination palestinienne

Mohammed Allan emprisonné depuis le mois de novembre 2014 avait entamé une grève de la faim le 18 juin dernier. Il a mis un terme à cette grève de la faim ce jeudi après deux mois sans s’alimenter. Un défi pour le gouvernement israélien qui a tout essayé pour le faire céder. Mohammed Allan a obtenu la levée de la détention administrative qui pesait sur lui après une décision de la Cour suprême israélienne. Un combat qu’il a mené pour la liberté, la dignité et le droit des palestiniens.

Une détention arbitraire

Jeune avocat de 31 ans, Mohamed ALLAN défendait les prisonniers palestiniens jusqu’à ce que lui-même soit en mis en détention administrative. La détention administrative est une procédure qui permet à l’armée occupante israélienne de détenir une personne pour une période de six mois, renouvelable indéfiniment sans inculpation, ni procès. Ce mode d’emprisonnement est régulièrement dénoncé par les organisations de tous bords car il est utilisé comme un moyen de pression, répression notamment à l’encontre d’opposants politiques. Le détenu, dénié de ses droits, est emprisonné le plus souvent sur la base d’informations considérées « secrètes » par l’armée et qui ne sont accessibles ni à lui, ni à son avocat, leurs présences à l’audience tiennent lieu de figuration sans aucun moyen de défense. Mohammed Allan a donc été arrêté en Novembre 2014 après avoir été soupçonné d’appartenir au Jihad Islamique. Il a débuté le 18 juin dernier une grève de la faim pour dénoncer l’injustice de sa détention. Son avocat, Jamil AL Khattib a réitéré à plusieurs reprises la détermination de Mohamed ALLAN à poursuivre sa grève de la faim jusqu’au bout.

Mohammed ALLAN, devenu en deux mois un symbole de la lutte contre la détention administrative

Le combat qu’il a décidé de mener par une grève de la faim a fait de Mohammed ALLAN un symbole de la résistance à l’oppresseur Israélien. Il avait par ailleurs décidé, contrairement aux autre grévistes de la faim, de n’ingérer que de l’eau, sans sels minéraux, signifiant qu’il était prêt à se sacrifier pour son dénoncer sa détention illégitime. Les tribunaux israéliens ont bien essayé de le nourrir de force par sondes. En effet une nouvelle loi votée le 30 Juillet dernier permet cela. L’application de cette loi aurait fait de ALLAN le premier détenu de l’histoire de l’Etat Hébreu à subir l’alimentation forcée, une autre symbolique forte en sens. Fort heureusement, les médecins israéliens ont refusé de l’appliquer l’assimilant à un acte de torture.

Face à l’aggravation de son état de santé en fin de semaine dernière et aux manifestations qu’a suscité cette incarcération, en Palestine et à l’étranger, le gouvernement israélien avait proposé de le libérer en échange de son exil à l’étranger pour une période de quatre ans. Proposition qui a été catégoriquement refusée par son avocat. Le gouvernement de droite de Benyamin Netanyahu ne voulait pas en faire un martyr, d’autant que le Jihad Islamique avait prévenu de rompre la trêve et de reprendre les attaques s’il mourrait. Le sort de Mohammed ALLAN a mobilisé l’opinion publique et après s’être réveillé mardi après plusieurs jours de coma, il a lancé un ultimatum au gouvernement israélien à qui il a donné 24H pour régler son sort. La Cour suprême israélienne a décidé mercredi soir de lever sa détention administrative.

« Sa famille et ses amis pourront lui rendre visite à l’hôpital »

Hospitalisé dans un hôpital israélien à Ashkélon, Mohammed ALLAN a subit de graves dommages cérébraux. « Pour le moment, en raison de l’état de santé du gréviste de la faim, l’ordre de détention administrative n’est plus en vigueur » a indiqué la Cour suprême israélienne. Il est maintenu en soin intensif pour le moment et peut ainsi recevoir la visite de sa famille et de ses amis. L’affaire a pris une tournure politique et le courage de ce palestinien a fait vacillé les certitudes les plus ancrées de l’Etat colon, notamment la volonté de ne pas céder au chantage des prisonniers qui se lancent dans des grèves de la faim, sans cyniquement remettre en question les mesures oppressives qui sont appliquées par l’armée israélienne.

Les avocats réclamaient la libération immédiate, la Cour suprême israélienne l’a seulement suspendue après une délibération à huit clos mercredi. Ce jeudi, l’avocat de Mohammed ALLAN,  Jamil Al Khattib, a annoncé qu’il :

 a repris conscience jeudi et ne fait pas la grève de la faim »

Son état de santé reste préoccupant, pour l’avocate Sawsan Zaher, représentant l’association des droits de l’homme Adalah, c’est un premier pas :

Le plus important pour nous et pour Mohammed Allan c’est qu’il ne soit plus en détention pour le moment. Nous espérons ainsi qu’il soit sauvé. » 

 

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