Accueil / Actualités / [Caricature] Prison requise pour deux reporters turcs
Crédit photo : European Journalists

[Caricature] Prison requise pour deux reporters turcs

Deux journalistes turcs, Ceyda Karan et Hikmet Cetinkaya, du journal Cumhuriyet sont accusés « d’insultes aux valeurs religieuses » et « d’appel à la haine ». Les faits qui leurs sont reprochés son l’illustration de leur éditorial d’une caricature du prophète (paix et salut sur lui), ainsi un procureur d’Istanbul a requis mercredi quatre ans et demi de prison contre les deux reporters.

Les accusations portées contre les journalistes

Un acte d’accusation a alors été redigé, ce dernier comprend 38 pages, et liste 1280 plaignants. Les faits principaux évoqués sont « l’incitation à la haine » et « l’insulte aux valeurs religieuses » accuse alors le procureur d’Istanbul, en Turquie ils sont punis par la loi, on peut aussi lire dans le document :

Il est impossible de prévoir les conséquences de la publication de ces dessins en Turquie où une majorité de la population est musulmane, étant donné les débordements en France.

A l’heure actuelle, la publication de ces dessins ne sert pas l’intérêt général et ne peut en aucun cas être rattachée à une défense de la liberté d’expression.

Le procureur s’appuie également sur les manifestations qui ont eu lieu devant le bureau du journal à Istanbul, après la publication des caricatures, pour ajouter que les journalistes ont grandement contribué à troubler l’ordre public.

Les journalistes accusent le gouvernement 

Ceyda Karan dit :

Nous sommes menacés de prison pour notre défense de la liberté d’expression.

Menacer un journaliste parce qu’il a publié un dessin ne comportant pas de menace, ne peut venir que d’un gouvernement autoritaire et religieux.

De son côté Hikmet Cetinkaya, connu pour son opposition au régime d’Erdogan, refuse toute intimidation, il a d’ailleurs retweeté mercredi la caricature de Mahomet qui faisait la une de Charlie Hebdo une semaine après les attentats du 7 janvier dernier, avec la pancarte «Je suis Charlie» et le surtitre «tout est pardonné», une provocation de plus.

Ces deux journalistes apportent ainsi un soutien de taille à la France, à Charlie Hebdo, et à cette liberté d’expression à géométrie variable, qui constitue une véritable provocation. Cependant les Français ne semblent pas se battre pour voler à leur secours, après leur désintéressement pour le dernier numéro de Charlie Hebdo, et pour les victimes du Kenya touchées par le même virus que la France en janvier, voilà un autre exemple. Soutenez la France, elle ne vous soutiendra pas, le message semble assez clair.

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*