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Marseille : 21 ans de silence autour d’Ibrahim Ali

Il y a 21 ans jour pour jour à Marseille, Ibrahim Ali alors âgé de 17 ans se faisait abattre par un colleur d’affiches du Front National. Pendant ces 21 années, de nombreux collectifs associatifs se sont battus pour faire reconnaître le caractère fasciste du parti politique, en vain.

Rappel des faits

Le 21 février 1995, pendant la campagne électorale pour les élections présidentielles, un jeune de Marseille va se faire abattre d’une balle dans le dos par des militants du FN alors en train de coller des affiches dans un quartier de la ville. Les militants étaient armés lors de leur action, et se disant agressés par un groupe de jeunes, ils ont fait feu. Les jeunes ont eux déclaré simplement courir pour prendre leur bus. L’auteur du coup de feu, Robert Lagier a lui été condamné à 15 ans de prison pour homicide volontaire, tentatives d’homicides volontaire et violence avec armes. Peu après les faits Bruno Mégret déclara :

Lagier a été violemment agressé…c’est la faute de l’immigration massive et incontrôlée…si nos colleurs n’avaient pas été armés, ils seraient probablement morts

Une avenue Ibrahim Ali 

Depuis vingt ans de nombreuses associations tentent de faire reconnaître par l’opinion publique le caractère fasciste du FN puisque à l’issue du procès, les parties civiles ont obtenu la qualification de crime raciste et la désignation du FN comme le protagoniste de cette ignominie. Les militants se battent pour obtenir une avenue au nom d’Ibrahim Ali afin de symboliser ce dramatique événement et que personne n’oublie l’origine du crime. Zohra Boukenouche, membre du collectif Mémoire en marche, dresse un constat plutôt négatif des trente dernières années :

Les crimes continuent. Des solutions auraient dû être apportées après la marche, mais la situation a empiré. Les jeunes sont toujours stigmatisés et maintenant assignés à une religion, inacceptable dans un pays qui nous parle de laïcité  ! Que fait-on ? Où va-t-on  ? La seule façon de répondre est de transmettre aux jeunes l’histoire des luttes de toutes les immigrations.

Ce dimanche 21 février 2016 de 13 h à 15 h 30, de nombreuses personnes vont se rejoindre au 4 chemin des Aygalades à Marseille, lieu ou Ibrahim Ali est décédé afin de ne pas oublier.

Comment un événement similaire a celui-ci se serait passé si les protagonistes avaient été inversés ? Les faits actuels confirment encore un peu plus le « deux poids deux mesures » aux yeux de l’Etat et de la République. Il faut absolument que l’ensemble des citoyens Français, peu importe leur confession ou leur origine ethnique, soient considérés avant tout en tant que citoyen et bénéficient tous du même traitement.

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