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Conflit Palestine-Israël sur Twitter : un fait, deux camps et deux sources qui s’opposent ?

Les réseaux sociaux sont un support de militantisme en faveur -ou en défaveur- de la cause palestinienne. Ce lieu permet de dénoncer au large public les atrocités se déroulant dans la bande de Gaza. On retrouve ainsi deux camps : ceux qui considèrent la Palestine comme les véritables terroristes, voyant Israël comme victime d’actes illégaux et de l’autre, nous retrouvons des personnes qui s’indignent face aux massacres de civils et démolitions se déroulant à Gaza. Qui a véritablement raison ?

Une analyse de tweets

Gilad Lotan, responsable scientifique de l’entreprise Betaworks, se lance dans l’étude de tweets pro-palestiniens et pro-israéliens sur Twitter afin de comprendre comment chacun des deux camps se formaient. Pour cela, il a pris en point de comparaison : l’obus ayant frappé une école de l’ONU située à Beit Hanoun, au nord de Gaza, qui abritait des réfugiés palestiniens, faisant au moins 16 morts et 200 blessés (Source : Le Monde) le 24 juillet dernier.  Son analyse s’est déroulée comme suit : il regroupe tous les tweets mentionnant «UNWRA» («United Nations Relief and Works Agency») ou des mots associés. Ensuite, il en fait un graphique -en partenariat avec Vox-.

Un graphique qui en dit long

Ce graphique permet ainsi de visualiser les comptes les plus actifs qui utilisent les acronymes UNRWA ou UNWRA dans leurs tweets. Voici le résultat :

Les lignes indiquent des interactions, et les amas de points lumineux signalent un haut degré de connectivité.

Les lignes indiquent des interactions, et les amas de points lumineux signalent un haut degré de connectivité.

On distingue, ainsi, deux grands groupes : l’un pro-palestinien en vert et l’autre pro-israélien en bleu. A droite, les micro-groupes sont les tweets qui ne sont pas en anglais : la petite constellation verte est composée de tweets en espagnol, et la nébleuse bleu clair proviendrait de faux comptes iraniens qui tweetent en farsi, d’après Gilad Lotan.

Finalement, cette étude démontre que les deux principaux groupes (pro-palestinien et pro-isralien) ne communiquent pas entre eux et s’informent auprès de sources complètement différentes. Vox déclare :

Au lieu d’utiliser les mêmes sources d’informations « neutres », et des les interpréter différemment, les pro-israéliens et les pro-palestiniens partent juste de différents points de comparaison »

Les pro-israéliens s’informent à partir de médias israéliens d’extrême-droite

L’étude a pu, également, déterminer quelles étaient précisément les sources d’informations utilisées par les deux acteurs antagonistes. Pour ce qui est des pro-israéliens, les principales sources d’informations sont des journaux israéliens d’extrême-droite :

Source d'information pour les pro-israliens

Source d’information pour les pro-israliens

A l’inverse, le graphique révèle que les pro-palestiniens, eux, s’informent à partir de sources occidentales « neutres » telles que BBC World, BBC News… Ainsi que à travers les comptes officiels de l’ONU.

Source d'information pour les pro-palestiniens.

Source d’information pour les pro-palestiniens.

Le militant voit-il uniquement ce qu’il veut voir ?

Selon Vox, cette répartition des sources peut s’expliquer par la nature de l’évènement analysé qui va dans le sens de la vision pro-palestinienne du conflit. Ainsi, pour confirmer cette thèse, le scientifique Gilad Lotan procède à une nouvelle expérience. Il analyse la répartition des tweets à la suite de l’attaque de l’hôpital Dar-Al-Shifa qui a eu lieu le 28 juillet dernier et qui serait un tir de roquette raté du Hamas, une action qui allait contre la vision du monde des pro-palestiniens. Les résultats confirment, donc, la première thèse. En effet, dans ce cas, on remarque que c’est au tour des pro-israéliens de prendre comme référence les médias occidentaux :

Capture d’écran 2014-08-10 à 15.20.10

Confirmation de la thèse

Finalement, cette étude vient confirmer les précédentes études réalisées sur l’influence des médias. En effet, le média ne vient pas uniquement imposer une nouvelle vision des choses à l’individu -ce qui lui est très souvent reproché- mais vient, aussi, appuyer les opinions pré-existantes.

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