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Confidences, de toi à moi…

« Je te revois te lever le matin, la mine pâle, fatigué de ton passé. Les rides marquées, bien que tu fus encore jeune. La maladie te collant à la peau, elle aura été une étonnante compagnie de galère, téméraire, tout au long de ton voyage. Mais assidu, tu as été. Assidu à l’ordre de Dieu, prompt à Son appel jusqu’à ton Rappel. A chaque passant que je croise, courbé par l’âge, je te vois. Mon cœur voudrait que ce soit toi, ma raison elle, me rappelle à la réalité. C’est fou, j’ai depuis ton départ un amour plus profond pour les « vieux », ceux qui ont donné de leur force jusqu’à épuisement pour honorer le présent de la vie, ils m’apparaissent bien plus fragiles et innocents, porteurs de ces vérités que peu connaissent, témoins du temps inexorable et cruel. Je ne pourrai plus les regarder banalement, comme avant, ce serait un sacrilège face à ce que tu m’as inculqué et ce que, cette religion printemps des cœurs, m’ordonne. Mais il est quand même des moments de solitude où, la pensée aiguisée, m’emmène loin, dans des contrées si reculées que mes larmes suintantes m’engloutissent. Il n’y a des mots que je ne pourrai plus dire. Un vocabulaire devenu tabou, des formes si personnelles, qu’il va falloir apprendre à enfouir dans un coffre-fort car cachetées, elles ne pourront plus être attribuées. Et la vie elle, nous happe, nous forçant à continuer le bonhomme de chemin qu’il nous reste à faire, savourant des moments qui ne seront jamais comme avant, colmatant ces brèches si béantes que tu as laissées, de peur qu’une âme fragile y soit emportée. Louanges au Créateur, ça va aller tu sais. Ça va aller car on ne peut être ingrat et ne penser qu’à soi, malgré la peine; on ne peut abdiquer face à cet égoïsme qui voudrait dire que tu m’appartiens car non, tu Lui appartiens. Je ne saurai ni pourrai, et encore moins prétendrai, te donner ce que Lui t’a octroyé et réservé. La vie ne mérite d’être vécue que parce que l’on doit mourir, tu l’avais bien compris, telle fut ta chance, telle fut ta conception, telle fut ta foi. Tu es un exemple, je suis ton descendant. Puisse Allah, Le Miséricordieux par Son Excellence, t’offrir ce Jardin des Délices pour ta patience et tes nombreuses qualités, par Sa Rahma. Tu as placé la barre haute, très haute, prendre ta place n’est pas si facile mais je m’attèle tous les jours pour prétendre ne serait-ce qu’une fois, te faire de l’ombre et combler cet espace vide de ta personne, à qui tu manques cruellement. »

Que Dieu prenne en Miséricorde nos parents, vivants ou défunts, qu’Il leur pardonne pour le temps passé à nos côtés à nous faire pousser droits comme ils le voudraient, ô Allah, accorde-leur une demeure éternelle dans Ton Paradis et parachève leur bonheur, qu’ils puissent voir ton Visage, ce jour-là où ils seront devant Toi, l’Unique.

Ne repoussons jamais l’âgé pour sa vieillesse, le temps aura bientôt raison de nous…

3 plusieurs commentaires

  1. Salam, tres beau texte!

    J’aimerai savoir comment publier des ecrits libres sur Katibin?

  2. Salam aleikum,
    Puis je me servir du texte comme un rappel avec une voix ?
    *JazakâAllahû Khairan

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