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John Kerry demande à Erdogan de reporter sa visite à Gaza

Ayant prévu de se rendre à Gaza, le premier ministre turc Erdogan s’est vu prodiguer un arrogant conseil de la part de son homologue américain, lui suggérant de reporter sa visite.

Une visite problématique ?

L’heure est aux tensions entre Istanbul et Washington suite à cette escalade diplomatique indirecte entre John Kerry et Recep Tayepp Erdogan. Le chef du gouvernement turc a montré une fois de plus sa volonté de s’impliquer sur la question palestinienne en programmant une visite en terre de Gaza, visite qui semble-t-il n’a pas fait l’unanimité outre-Atlantique puisque les autorités américaines au plus haut niveau lui ont conseillé de décaler ce voyage intervenant, selon elles, à un moment inopportun. Le fait est qu’on ne saurait trouver plus opportun comme calendrier pour se rendre à Gaza puisqu’il y règne un calme relatif, rares sont les moments où le territoire ne subit aucun bombardement n’en déplaise aux médias qui ne les ébruitent pas forcément.

Selon Washington, qui a déjà fait décaler ce déplacement à plusieurs reprises, cela risquerait de freiner le début du rapprochement entre Israël et la Turquie. Qu’à cela ne tienne, le gouvernement turc a fait savoir que dur comme fer, rien n’entacherait la volonté turque de se rendre à Gaza et qu’ils n’ont « à recevoir de permission ou de feu vert de qui que ce soit ».

Enjeux diplomatique ou simple effet d’annonce ?

La stratégie est fidèle à Erdogan : des déclarations fracassantes, des escalades diplomatiques courageuses et des prises de positions fermes. Pour autant, les discours tonitruants de la Turquie sur la question Palestinienne ne doivent pas échapper à l’analyse objective en posant une question simple : quels résultats a-t-on obtenu ?

On se souvient tous de l’accrochage virulent entre le premier ministre Erdogan et Shimon Peres au sommet à Davos. Quelles ont été ensuite les conséquences ? Idem pour le meurtre des ressortissants turcs sur la flottille pour la paix en direction des côtes de Gaza. Quelles en ont été les conséquences ? Ces derniers ne se réduisent qu’à des symboliques diplomatiques. Rien de plus.

Mise à part la dimension sensationnelle des discours qui n’ont que le mérite de chatouiller la colère légitime des pro-palestiniens et du monde arabe en général et leur permettre de ressentir une once de fierté face à l’homme qui a osé défier Israël, les actes demeurent creux. Rappelons que la Turquie demeure un partenaire stratégique pour l’État hébreux et que ni la situation du peuple palestinien ni aucune autre cause ne viendra entacher cela et pour un bon moment.

Attendons de connaître la suite des évènements. En espérant que le premier ministre turc puisse apporter une quelconque aide au peuple palestinien.

 

Crédit photo : le JDD

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