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Des douanes au tapis rouge : Un Palestinien en Amérique

La 85ème cérémonie des Oscars, qui a débuté hier, dimanche 24 Février 2013, reçoit Emad Burnat, réalisateur de « 5 broken cameras ». Mais c’est un accueil particulier que réservaient les services d’immigration au cinéaste palestinien et sa famille dès leur atterrissage à Los Angeles.

À peine arrivés sur le territoire américain, Emad, sa femme Soraya et Gibreel, leur fils de 8 ans ont eu la désagréable surprise d’être interpellés et retenus par les douaniers, très pointilleux sur l’examen de leur entrée sur le territoire. Il ne fait pas bon être musulman dans un aéroport depuis 12 ans déjà, c’est un fait que nul n’est plus censé ignorer. Seulement avoir réalisé un film primé et nommé aux Oscars ne permet apparemment pas non plus de passer la frontière étasunienne l’esprit serein. 

« Un très petit exemple de ce que mon peuple vit chaque jour »

Après coup, Burnat compare l’interrogatoire des douaniers à ceux de l’occupation israélienne à chaque checkpoint : « Après 40 minutes de questions-réponses, Gibreel [son fils] m’a demandé pourquoi nous devions encore patienter dans cette petite pièce. Je lui ai simplement dit la vérité: « Peut-être que nous allons devoir rentrer ». Je pouvais voir son cœur se briser. Cependant, bien que cela soit une expérience désagréable, c’est un évènement vécu quotidiennement par les Palestiniens vivant en Cisjordanie. Il y a plus de 500 check-points israéliens, des barrages routiers et d’autres barrières empêchant le déplacement dans notre pays et pas un seul d’entre nous n’a été épargné par l’expérience que ma famille et moi avons dû vivre hier. La nôtre était un très petit exemple de ce que mon peuple vit chaque jour. »

« Les officiers des douanes ne pouvaient pas comprendre qu’un Palestinien soit nommé aux Oscars »

Appelé à la rescousse, Mickael Moore déclare : « Apparemment, les officiers de la douane ne pouvaient pas comprendre comment un Palestinien pouvait être nommé aux Oscars. J’ai appelé l’Académie, qui ont appelé des avocats. J’ai dit à Emad de donner mon numéro de téléphone aux officiers et de prononcer mon nom deux ou trois fois. »

Qu’en aurait-il été si la famille palestinienne avait voulu passer de simples vacances en Amérique ? S’ils n’avaient pas été en mesure de fournir un justificatif ? Il y a fort à parier que les Burnat auraient été contraints de se satisfaire d’une entrevue avec des agents des douanes pour tout souvenir de leur escapade.  

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