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Marseille : Un policier tue un jeune homme

Dans la nuit de mercredi à jeudi, un policier en civil a usé de son arme de service et provoqué la mort d’un jeune homme de 19 ans. Le fonctionnaire, un gradé de 39 ans vient d’être mis en examen pour meurtre et écroué.

Un fait divers de plus 

Deux jeunes, une supérette, une rixe qui tourne mal, un coup de feu, un mort. La scène se déroule à Marseille, ça n’étonne presque pas. L’un des protagonistes est un policier, imbibé d’alcool, des traces de résine de cannabis dans le sang. A la suite d’une remarque, une bagarre éclate, le policier sort son arme et tire sur le plus jeune, Yassine Aibeche. Ce dernier décédera au petit matin à l’hôpital où l’avait conduit son ami. Le policier était rentré chez lui.

Écroué vendredi, le sous-brigadier revient sur la « légitime défense » qu’il avait d’abord invoquée, les jeunes n’ayant ni armes, ni couteaux, il semblait difficile de leur faire porter le chapeau. Le parquet a ouvert une instruction qui s’annonce lourde et difficile comme souvent lorsque l’on met en examen un fonctionnaire de police.

Une bavure de plus ?  [pullquote]Le site « à toutes les victimes des Etats policiers »  recense les bavures[/pullquote]

Bien qu’il ait été « ennuyé » pour une sombre affaire de port illégal d’arme en 1996, bien qu’il ait eu des différends conjugaux plutôt violents, une suspension temporaire d’arme, l’ordonnance d’un suivi médical et psychologique, bien qu’on l’ait enjoint de se retirer de la voie publique, ce bon sous-brigadier a été réintégré et son arme rendue.  Bien qu’il ne fût pas en service ce soir-là ( il allait se réapprovisionner en bières ), il avait pourtant le droit de porter son arme dans ce secteur. Non ! Il ne s’agit pas d’une bavure, le mot a soigneusement été proscrit, la police en a déjà pas mal à son actif, inutile d’en rajouter, l’homme n’était pas en service, on vous dit !

La police de France [pullquote] Depuis le 1er mai 2011, tout citoyen, victime ou témoin d’un manquement à la déontologie commis par les forces de sécurité, peut saisir le Défenseur des droits.[/pullquote]

Nous ne sommes pas en Amérique, ici, personne ne se balade avec un tee-shirt « Police Nationale ». En France, la police, la gendarmerie et tous ceux qui sont censés nous protéger et faire respecter la loi jouissent d’une réputation et d’une image désastreuses. Pourquoi ? Les faits parlent d’eux-mêmes. Entre 2005 et 2012 seulement, on recense des dizaines de morts en lien avec les autorités de police, peu de condamnations ( voire aucune quand le fonctionnaire est en service ou quand les faits se déroulent en prison ). Les nombreux « non-lieux » prononcés par ailleurs, alimentent un sentiment d’injustice et d’impunité.

L’Etat, non content d’être permissif, protège et octroie des droits au-delà de tout bon sens. En témoigne l’utilisation du taser, pas moins d’une quinzaine d’oeils perdus lors du quinquennat de Sarko Ier, les polices municipales sont pourtant joyeusement équipées les unes après les autres et tant pis si la Ligue des droits de l’homme demande son interdiction, si la Commission nationale de déontologie de la sécurité réclame son retrait de la voie publique étant donné « le degré de dangerosité totalement disproportionné », nos dirigeants n’en ont cure. 

Après ça, le laïus sur la difficulté du métier et des mauvaises conditions de travail des policiers, sans les nier pour autant, semble comment dire, disproportionnées ?

Une victime de plus

Yassine Aibeche, tué par balle. Le policier après avoir tiré est rentré tranquillement décuvé chez lui. Yassine est une victime de plus, une qu’on aura tôt fait d’oublier jusqu’à la prochaine. Qui se souvient de :

– Abou Bakari Tandia, mort suite à sa garde-à-vue au commissariat de Courbevoie (92) en janvier 2005

– Zyed et Bouna, poursuivis par des policiers, électrocutés dans un transformateur EDF, octobre 2005

– Taoufik El-Amri, noyé par hydrocution dans un canal de Nantes (44) après un contrôle de police en novembre 2006

– Jonathan, 24 ans, mort en tombant d’un toit, voulant échapper à la police à Montpellier (34) en Janvier 2007

– Lamine Dieng, 25 ans, mort dans un fourgon de police à Paris (75) en 2007

– Nelson, 14 ans, fauché par une voiture de police sur un passage clouté à Marseille (13) en juin 2007

– Ali Ziri, 69 ans, mort à la suite d’un contrôle policier à Argenteuil (92)

– Mohamed Boukourou, 41 ans, mort dans un fourgon de police où il avait été conduit de force, à Valentigney (25) en novembre 2009

– Lassana DIARRA, mort en garde à vue dans un commissariat de la  région parisienne

– Mohammed Bemouna, mort par pendaison, en garde à vue, le fait qu’il n’y ait pas de traces de pendaison sur le corps de la victime n’a pas suffit à convaincre la Grande Aveugle à Firminy dans la Loire.

Et bien d’autres encore.

Nous témoignons notre soutien à la famille du jeune Yassine mais aussi aux proches des victimes de la police dont la liste déjà prolixe ne cesse de s’allonger.

Les yeux bandés par souci d'équité seulement ?

Les yeux bandés par souci d’équité seulement ?

 

 

3 plusieurs commentaires

  1. arretons et faisons la meme liste avec les fonctionnaires de police tues lors de leur exercices ou en dehors simples meurtres et le trop plein risque de deborder etant musulman mais policier je prefere mon travail car ma religion m as decue et elle me degoute a bon entendeur salut surtout pour ceux qui s en serve pour justifier leur actes laches et ignobles

    • As salam alaykoum, c’est désolant de voir à quel point vous mélangez tout. Perdre des fonctionnaires dans l’exercice de leurs fonctions justifierait donc la bavure ? « faisons une liste » Est-ce un concours ? Une compétition afin de déterminer qui a perdu le plus d’hommes ? Enfin, votre remarque ultime, me sidère, que vient faire la religion ici, qu’a-t-elle à voir avec les faits ?

  2. Abdel kader à en juger par votre commentaire je me rend compte qu’il ne faut vraiment pas avoir de grand cerveaux pour entrer dans la police à bon entendeur!!!

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