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Synthèse et (lourd) bilan d’une prise d’otages meurtrière

Les seules informations concernant la prise d’otages étant parvenues à franchir les frontières algériennes sont celles communiquées par la télévision locale et les services de sécurité. Nous pouvons désormais établir un bilan, provisoire mais officiel.

Pour rappel

Mercredi 16 janvier, 04h00 heure locale, sont arrivés à bord de trois véhicules et surarmés une trentaine d’hommes se revendiquant d’Al-Qaïda, plus précisément de la brigade Al-Mouthalimin, supervisée par Mokhtar Belmokhtar. Semblerait-il d’ailleurs que ce dernier piloterait les opérations depuis le Mali, tandis que ses hommes venaient, eux, de la frontière libyenne.

Qui est Mokhtar Belmokhtar ?

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Né à Ghardaïa (Algérie) en 1972, Mokhtar Belmokhtar se revendique islamiste précoce et rejoint dès l’âge de 19 ans, 1991, l’Afghanistan. En 1992, soit un an plus tard, Mokhtar Belmokhtar, de retour en Algérie, intègre le Groupe Islamique Armé (GIA) puis se joint à la création du Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) devenu Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI).

Un affrontement à Gao (Mali) lui aurait été fatal en 2012, ce que dément catégoriquement Mokhtar Belmokhtar lui-même, quelques jours plus tard seulement, par le biais d’un communiqué d’AQMI.

Il annonce en décembre 2012 son émancipation d’AQMI au profit de la formation d’un groupe islamique armé, celui des « signataires par le sang », sévissant actuellement à In Amenas.

Retour sur la journée du 17/01/13

Au matin, se sont exprimés tour à tour sur la chaîne Al-Jazzera trois otages, britannique, irlandais et japonais, réclamant le retrait immédiat des forces algériennes.

Plus de 600 employés algériens se seraient échappés, ainsi que 41 expatriés dont un couple de français. 4 autres otages ont, quant à eux, été libérés par l’armée algérienne. Ces chiffres sont communiqués à titre indicatif, l’information est à prendre au conditionnel, soulignent les médias du monde entier.

Les forces algériennes ont encerclé, à la mi-journée, le site gazier, et aurait donné l’assaut. L’opération a pour cible première les quelques islamistes ayant tenté de s’enfuir avec certains otages. 4 des 5 véhicules sont alors neutralisés par voies aériennes suite à quoi les forces spéciales algériennes interviennent au sol. Le site étant très vaste, l’armée tente alors de rejoindre les lieux sur lesquels sont détenus les otages.

Plus tard, les ravisseurs exigent de l’armée algérienne qu’elle leur laisse sécurisé l’accès à la Libye.

F. Hollande confirme tardivement la présence d’otages français mais n’en dit pas d’avantage. Puis déclare en fin d’après-midi que « la prise d’otages semble se dénouer dans des conditions dramatiques ».

Diverses sources annoncent d’ores et déjà divers bilans, selon lesquels il y aurait entre 6 et 34 otages ayant été tués ainsi qu’entre 8 et 15 ravisseurs, dans l’assaut donné par l’armée algérienne.

En fin d’après-midi, le Japon appelle l’Algérie à cesser « immédiatement » toute opération.

A 21h00 enfin, la nuit étant tombée, les autorités algériennes annoncent la fin de l’assaut.

Retour sur la journée du 18/01/13

L’agence APS rapporte que l’armée ne contrôle, depuis hier, qu’une partie du site gazier et selon une source sécuritaire algérienne, un groupe d’islamistes était encore, ce matin, retranché dans le site.

Par ailleurs, les gouvernements étrangers ont manifesté un certain mécontentement à l’égard des autorités algériennes ne les ayant, à aucun moment, consultés. Il s’agit notamment du Japon, dont le gouvernement a convoqué l’ambassadeur algérien pour protester contre leurs méthodes.

La sécurité algérienne parle d’un ressortissant français parmi les djihadistes tués pendant l’assaut algérien.

Ce midi, selon l’agence mauritanienne ANI, le groupe menace de réitérer ce genre d’opération, appelle les algériens « à se tenir à l’écart des lieux d’implantation des compagnies étrangères » et précise, « nous surgirons par où personne ne s’y attendra ».

L’agence APS avance un premier bilan selon celui, officiel, dressé en fin de matinée, 639 otages algériens ainsi que plus de 60 étrangers ont donc été libérés. Parallèlement, l’agence précise qu’il n’y a pas encore eu de bilan complet de dressé.

Par ailleurs, des entreprises françaises envisagent de rapatrier en conséquence des menaces faites plus tôt dans la matinée par le porte-parole des « signataires par le sang ».

Mokhtar Belmokhtar exige le retrait de l’armée au Mali ainsi que la libération de deux détenus aux Etats-Unis en échange d’otages.

Selon le quotidien El Watan, un des ravisseurs aurait été capturé vivant par le Groupement d’Intervention Spéciale (GIS) et 100 otages étrangers auraient été libérés.

Bilan officiel, communiqué samedi 19/01/13 au soir

Les forces spéciales algériennes ont ce matin donné l’assaut final sur le site gazier d’In Amenas, mettant un terme à 72h d’une prise d’otages meurtrière. Il ne restait alors sur les lieux que 7 des quelques centaines d’otages ainsi que 11 des ravisseurs, tous ont péri.

Quoi qu’en disent les gouvernements étrangers, notamment japonais, l’assaut était incontournable. Les otages témoignent à l’unanimité d’une grande satisfaction quant l’armée algérienne, dont F. Hollande lui-même affirme qu’elle a su trouver « les réponses les plus adaptées », car « il ne pouvait y avoir de négociation ».

Les 7 derniers otages, ont été « lâchement assassinés » selon le Président français, « en représailles » d’après les services de sécurité, par les ravisseurs.

Le bilan officiel, provisoire, est de 23 otages et 32 ravisseurs, soit 55 morts.

Dernières nouvelles, le 20/01/13

25 corps d’otages ont été retrouvés, ce dimanche, sur le site par les forces spéciales algériennes. Par ailleurs, cinq ravisseurs ont été arrêtés et trois sont en fuite.

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