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Mahmoud Abbas renonce au droit au retour

Mais qu’a t-il pris à Mahmoud Abbas avec sa déclaration « choc » concernant le droit au retour des millions de réfugiés palestiniens qu’il a tenu en direct à la télé israélienne ? Abou Mazen a t-il pété les plombs? 

Interrogé par le canal 2 de la télé israélienne afin de savoir si l’Autorité Palestinienne considérait les villes de Galilée comme faisant partie de la Palestine, Mahmoud Abbas a frappé fort dans cette remarque personnelle afin d’apaiser les inquiétudes israéliennes sur les réfugiés palestiniens : « Je veux voir Safed c’est mon droit, mais pas pour y vivre » a-t-il déclaré dans un élan passionné. Il est né en 1935 et a grandi dans la ville septentrionale de Safed, fuyant vers la Syrie avec sa famille lors de la violente campagne d’Israël à déposséder et expulser les palestiniens en 1948.

Tous les mouvements politiques condamnent ces propos

  • Le FPLP ( Front Populaire pour la Libération de la Palestine)  a rejoint le Hamas pour condamner l’Autorité Palestinienne du Président Mahmoud Abbas après les déclarations qu’il a tenu à la télé israélienne concernant son droit au retour. Les propos qu’il a tenu publiquement, dénoncés par le groupe gauchiste ainsi que d’autres, lors desquels il indiquait abandonner ses prétentions de retourner dans son village d’enfance Safed sont en totale contradiction avec les résolutions affirmant le droit au retour pour les palestiniens sur les terres qui leur ont été confisquées par les israéliens en 1948.
[quote]« Abbas, avec de telles remarques vit au pays des rêves, il cherche à s’agenouiller devant la position américaine et israélienne dans l’espoir de gagner quelque chose » a déclaré Rabah Mhanna, le chef du FPLP.[/quote]

Il a aussi appelé le comité exécutif de l’OLP et le conseil central à réprimander le président. «Aucun palestinien n’acceptera de céder le droit de notre peuple à revenir dans ses maisons,, villes et villages d’où ils ont été déplacés » a déclaré pour sa part Sami Abou Zouhri, le porte parole de Hamas. [pullquote_right]« Si Abou Mazen (Mahmoud Abbas) ne veut pas de Safed, Safed serait honoré de ne pas accueillir des gens comme lui ».[/pullquote_right]

  • Ismaïl Hanieyeh, le premier ministre du Hamas, a quant à lui déclaré  que les remarques d’Abbas étaient « extrêmement dangereuses », et contredisaient les revendications territoriales de longue date des palestiniens. Ces déclarations de Mr Abbas sont intervenues à la veille du 95éme anniversaire de la Déclaration Balfour qui officialisait le soutien britannique pour la création d’un Etat juif en Palestine.

Des négociations au point mort, et des millions de réfugiés privés de leur droit au retour

 Depuis plus de 20 ans, l’autorité palestinienne tente de conclure un accord avec Israël qui établirait un Etat palestinien sur les frontières annexées par Israël après 1967, cédant son droit sur celles prises en 1948, les palestiniens sont pourtant sceptiques quant à un tel accord, connu sous le nom de la solution à 2 Etats, mais qui ne serait pas en contradiction avec le droit au retour.

 Al-Jazeera avait divulgué l’année dernière des documents détaillant 10 ans de négociations entre les autorités palestiniennes et les israéliennes, ce qui avait donné lieu au scepticisme, les négociateurs israéliens disant qu’ils seraient d’accord sur un nombre symbolique de rapatriés, moins de 10.000 sur les 7 millions actuellement éparpillés dans le monde et dans les camps de réfugiés!! SaebErekat le négociateur de l’Autorité palestinienne avait quant à lui été coupable d’avoir contré cette offre  avec la proposition de 150.000 réfugiés. (Sources : Ma’an, Al-Akhbar)

 Des réactions de toutes parts

  • L’alliance des forces palestiniennes au Liban qui a aussi dénoncé l’allocution de Mr Abbas a déclaré dans un communiqué de presse que : [pullquote_right]«Les remarques faites par Abbas ne reflètent que sa position et ne représentent pas le peuple palestinien, ni les factions nationales et islamiques »[/pullquote_right] L’alliance a affirmé son attachement au droit au retour des réfugiés palestiniens  «à leurs ville natale, à la Palestine », ajoutant que ni Abbas ni aucune autre partie n’ont le droit de renoncer à ce droit. Et que la résistance devait continuer.
  • Ahmed Bahr, le Premier vice-président du conseil législatif palestinien a pour sa part, appelé à la tenue d’un procès populaire contre Mahmoud Abbas pour ces remarques contre les droits nationaux et les constantes palestiniennes. Une conférence se tiendra au siège du Fatah à Gaza pour exprimer leur position et répudier les concessions faites par Abbas, il a également exhorté les réfugiés palestiniens du monde entier à une vague de protestations et de manifestations dénonçant et confrontant le crime commis par Abbas contre leur droit au retour.Il a déclaré que ces remarques honteuses violaient la loi fondamentale palestinienne et le droit international. « les remarques d’Abbas sont contraires aux dispositions de l’article 28 de la loi fondamentale palestinienne et de ses amendements qui stipulent que tout palestinien ne doit pas être exilé de la patrie ou déchu de son droit au retour »

Ajoutant que la promesse d’Abbas aux israéliens d’empêcher une nouvelle Intifida (soulèvement) violait l’article 51 de la Charte des Nations Unies qui protège le droit du peuple palestinien à se défendre contre l’occupation par tous les moyens.

[quote]« La confirmation d’Abbas qu’il empêcherait toute 3e Intifada palestinienne aussi longtemps qu’il resterait à la présidence, qui a expiré en janvier 2009, le faisant rester au pouvoir illégalement jusqu’à maintenant est cohérente avec la politique sioniste qui s’approprie nos terres, judaïse nos lieux Saints, attaque le peuple de jour et de nuit… »[/quote]

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