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Certaines de nos soeurs fillah ont bien voulu se prêter au jeu du Questions-Réponses. Notre but était de pouvoir sonder les soeurs, voilées et non voilées, sur leur rapport au hijab. Chacune d'entre elle a su parler avec sincérité et honnêteté. Nous remercions sincèrement du fond du coeur les participantes, car elles nous ont permis de réaliser et de finaliser cette enquête touchante et pleine de vérités précieuses.

Témoignages à coeur ouvert

Hijab or not hijab: la question du voile nous unit…

Certaines de nos soeurs fillah ont bien voulu se prêter au jeu du Questions-Réponses. Notre but était de pouvoir sonder les soeurs, voilées et non voilées, sur leur rapport au hijab. Chacune d’entre elle a su parler avec sincérité et honnêteté. Nous remercions sincèrement du fond du coeur les participantes, car elles nous ont permis de réaliser et de finaliser cette enquête touchante et pleine de vérités précieuses.

Attention, ces témoignages n’ont pas pour but de pointer du doigt celles qui ont fait le choix de ne pas porter le hijab. Bien au contraire, ces témoignages exposent concrètement le coeur de nos chères soeurs qui voilées ou non voilées ont toutes l’espoir d’avancer et d’être au coeur de la foi musulmane. Fières de leur identité religieuse, elles se sont confiées pour nous prouver que notre communauté a un visage pluriel et une finalité commune.

Aussi, nous ne saurions, et nous ne pourrions juger qui que ce soit. N’oublions pas que l’apparence de chacun n’est en rien révélatrice du degrés de piété ni le reflet sincère d’une foi infaillible. Mais plus que tout, n’oublions pas que le Jugement appartient à Dieu Seul. Et Allah Seul sait ce que renferment les poitrines.

LES TEMOIGNAGES

 

Fatima, Etudiante, 24 ans

J’ai porté le voile en 2005. Je l’ai porté le jour de l’Aid El Kebir pour salat el 3id, puis j’ai ressenti un bonheur qui m’a poussée à le garder le temps d’une journée. Le lendemain (jour d’école), je n’ai pas pu me résoudre à le retirer! Après tout, pourquoi aurais-je été plus croyante la veille? Ce choix m’a parut naturel mais non sans appréhensions. Dans l’ensemble je vis plutôt bien le port de mon hijab même si mon chemin a croisé quelques ferventes féministes convaincues que mon geste me rend soumise aux hommes. Je suis sure d’avoir fait le bon choix.

Sonia, Salarié, 22 ans

 

Je ne porte pas le hijab sauf quand je vais au jemah ou aux tahlim et pourtant j’aimerais pouvoir le porter au quotidien car quand je le porte je me sens bien et au fond de moi je sens que je suis prête à le porter. Mais au travail ce n’est pas autorisé donc pour le moment malheureusement stahfallah ce n’est pas ma priorité. Mes craintes et mes appréhensions sont multiples. J’ai peur de mourir demain car je ne suis pas prête et parce que vis à vis d’Allah je ne crois pas être une bonne pratiquante stahfallah.

Mais chaque jour que Dieu fait, je fais en sorte d’être meilleur pour mon Créateur. Je pense que vivre en France est un frein pour moi. Je ne peux pas exprimer et vivre mon dine car il y a beaucoup d’obstacles. Toutefois j’ai le sentiment que c’est un peu contradictoire car on devrait faire en sorte que notre dine passe avant tout, c’est a dire que même si on vit en France ce n’est pas une raison pour ne pas pratiquer notre dine comme il se doit. Allah nous a créés pour que l’adorer, j’espère vraiment incha’allah que les gens ouvriront les yeux sur le port du voile et j’espère incha’allah avoir le courage et la force de le porter un jour.

 

Noua, Professeur, 35 ans

J’ai fait le choix de porter le hijab il y a 4 mois. Le port de mon voile s’est fait   progressivement. J’ai commencé à le porter comme Diam’s c’est à dire attaché derrière ou alors je mettais le bandeau tout seul sans le voile. Mais je porte réellement le voile depuis un mois et demi el hamdoullah. Mes motivations sont religieuses. Cela fait longtemps que je voulais porter le voile mais ayant à l’époque un travail dans l’Education Nationale je n’avais pas la possibilité de le garder dans l’enceinte de l’école et je ne voulais pas le mettre pour l’enlever devant le portail de l’école et le remettre en sortant.

Ensuite je suis arrivée en fin de contrat et la question du port du voile se faisait pressante j’y pensais de plus en plus et je me suis dit que j’étais quelqu’un d’actif et j’ai le besoin de travailler donc j’ai encore repoussé le port de mon voile. Et un jour, j’ai eu une proposition de travail. Une association venait de se créer par des parents qui voulaient que leurs enfants ne soient plus scolarisés dans le système de l’Education Nationale et de leur faire faire des cours par correspondance par le biais d’un organisme. Donc cette association me contacte et me propose de devenir intervenante au sein de leur association pour aider ces jeunes enfants dans leur cours, je m’occupe de sixième. Et cette association a été aussi créée par des frères musulmans qui voulaient un enseignement religieux et d’arabe pour leurs enfants.

Donc le port de mon voile est venu tout naturellement et hamdoullah. Mon choix n’a pas été difficile, car quand tu es quelqu’un qui à ce besoin comme moi de travailler et que ton travail te permette de le faire, cela se fait tout seul. La première fois que j’ai porté le voile en “France”, tous les gens que je croisais étaient contents pour moi, tout le monde me félicitait, mais par contre en ce qui concerne mes anciens collègues : des « non musulmans » avec qui j’étais restée très proche.

Ils n’ont rien compris, pour eux je me suis faite endoctriner par les représentants de mon association, ou alors on m’a obligé de le mettre pour pourvoir garder mon travail, alors qu’ils savent que je suis musulmane, faisant le ramadan chaque année, faisant ma prière tous les jours, ils n’ont pas compris et n’ont pas voulu comprendre, j’ai été très déçue de leur attitude, de leurs préjugés. Nos relations se sont beaucoup détériorées mais c’est pas grave, le plus important est mon voile et la fierté que j’ai en le portant. Aujourd’hui je vis très bien le port de mon voile, je ne peux plus sortir sans, c’est comme si j’oubliais de mettre un pantalon, je me sens nue sans mon voile, hamdoullah.

Hanane, Etudiante, 23 ans

 

Le hijab est pour moi une priorité. J’avais effectivement des craintes et des appréhensions qui ne sont plus d’actualité: ma première crainte était d’avoir du mal à m’adapter à ce nouveau mode « vestimentaire ». On va dire que j’exprime ce que je suis, ce que je ressens grâce à mes tenues et mes coiffures. J’appréhendais de ne plus pouvoir faire ça si j’ai le hijab. Finalement avec le recule et l’âge lol je me suis rendue compte que ce n’est pas parce que je vais mettre le hijab que je ne pourrais plus m’exprimer.

Ma deuxième crainte était la suivante : j’ai toujours associé le hijab à un comportement irréprochable (ou presque). Prenons une soeur avec le hijab et une autre sans, elles commettent toutes les deux la même erreur. Celle qu’on va le plus critiquer/juger est celle qui a le hijab. C’est dommage, parce qu’il est clair qu’il ne faut pas juger quelqu’un peu importe ce qu’il a ou n’a pas sur la tête. Inshallah j’espère un jour le porter et j’espère aussi que la société dans laquelle on vit arrêtera de stigmatiser notre religion.

Wafa, Mère, 27 ans

J’ai porté le hijab à 22 ans, je ne me souviens plus très bien du jour mais je me souviens que le mariage d’une amie était célébrée ce jour là =). Je n’avais pas de motivations particulières, juste une sensation de gêne quand je sortais en cheveux lol j’ai décidé de le mettre pour essayer et je me sentais dans un petit cocoon : protégé et apaisé. La raison pour laquelle j’ai fait le choix de le mettre ? Et bien, je recommençais à lire le Coran, à faire des dou’a, à être plus assidue dans mes Salat. Le voile était donc une suite logique ? J’ai changé ma façon de me vêtir. Je ne voulais plus attirer le regard pervers des hommes, d’autant que je fréquentai une très bonne copine, pieuse et tolérante, au lycée qui porte le hijab depuis très jeune. Elle m’a donné une bonne image du hijab : elle ne m’a jamais jugé.

Au départ, ça n’a pas été difficile mais plutôt facile au contraire ; même avec la polémique sur le voile etc! Je n’ai pas vraiment réfléchi aux obstacles lorsque j’ai décidé de le mettre. J’ai juste pensé à mon bien-être et surtout, je l’ai porté avec conviction donc je me sentais moi.  Je me suis senti propre et plus belle. J’étais moins esclave de mon corps, de mes cheveux, de mon maquillage : tout ça me prenait beaucoup de temps et d’argent à l’époque. Encore un peu aujourd’hui aussi lol mais ce ne sont plus les mêmes motivations et c’est surtout pour mon mari !

Maintenant, c’est bizarre mais mon hijab c’est une moulure en moi. C’est comme ma chair, mes os, mon sang : il fait partie intégrante de moi à tel point que j’oublie que je le porte : je ne me sens pas différente même si parfois on nous le fait sentir ou comprendre! C’est dure à expliquer mais l’Islam pour moi ce n’est pas un menu Mc Do : on ne choisit pas en fonction des ces envies. Allah nous a demandé de nous couvrir donc j’obéis et je le vis très bien car le hijab m’a sauvé de moi-même, de mes démons, de mon nafs et il me protège contre les regards masculins et c’est out ce qui compte. Ce n’est pas facile parfois surtout dans ce pays mais bon on doit lutter aussi et c’est un rappel. Quand je vois ce que nos pieux prédécesseurs ont vécu, je me dis que notre combat est dérisoire à côté ! Nous sommes belles de pudeur et si ça ne plait pas ; tant pis !

Sarah, Etudiante, 21 ans

 

Je ne prote pas le hijab, pour être franche pour l’instant le hijab ne fait pas partie de mes priorités, car moi j’ai besoin d’abord de bien connaitre ma religion, j’ai besoin d’avoir ma propre démarche spirituelle. J’ai besoin de savoir le pourquoi du comment. Ce que j’aime dans l’islam, c’est que c’est une religion de science et il faut méditer sur chaque chose. Quant à mes craintes : je pense à l’avenir, le destin : j’espère qu’il me réserve des choses bien. J’espère un jour porter le voile mais c’est parce que j’ai compris le message de Dieu, parce que aujourd’hui beaucoup d’hommes disent qu’il faut porter le voile mais j’ai lu que l’homme aussi devait avoir ou porter le voile et il faut surtout avoir le voile du cœur et du regard. Si tu veux il y a beaucoup de gens qui portent le hijab mais parfois c’est plus par tradition ou autres….par soumission aussi.

Au 21 siècle il n’est plus possible d’obliger quelqu’un. Je ne pense pas que le fait qu’une personne vive en France soit une contrainte. Notre religion est une religion d’ouverture, d’acceptation et non d’un repli sur soi…Bon il est vrai que le hijab est interdit dans les endroits public, c’est vrai que quand on fait des études et qu’on rêve depuis tout petit d’avoir tel ou tel poste et qu’on ne puisse pas l’avoir car nous avons une apparence extérieur différentes là il y a un problème. Voila pourquoi il faut une mobilisation de la part de toutes les populations musulmanes et autres afin qu’ils comprennent que refuser une personne à un entretien parce qu’elle porte le voile c’est de la discrimination. J’aimerais un jour porter le voile. Je ne vais pas dire le jour du mariage, le jour de mes 25 ans ou autres mais le jour ou Dieu le voudra, le jour ou mon coeur aura atteint son degré de spiritualité le plus élevé, le jour ou je me sentirai prête et il se peut que se soit dans un futur proche ou lointain, je ne sais pas.

Souad , Etudiante, 20 ans

J’ai fais le choix de porter le hijab en 2005, j’étais alors âgée de 15ans. C’est la prière qui a été la raison de mon choix. En effet, j’étais jeune et donc avant mes 15ans je faisais la prière puis je l’arrêtais ensuite je la reprenais et l’arrêtais de nouveau. Mais cette année là, masha’Allah j’étais assidue dans ma salat et je ne ratais aucune prière : elle m’était devenue indispensable alhamdoulillah. Mais je me sentais pas si bien que ça, j’me sentais hypocrite car je me voilais pour la salat puis j’enlevais le hijab et sortais dehors.

C’est vraiment ce  qui m’a poussé à le porter ; d’autant plus que je savais que c’était une obligation pour la femme. Ce choix n’a pas été difficile, au contraire il était évident pour moi. Au départ, j’appréhendais surtout le regard des gens mais je me suis vite enlevée cette idée de la tête car le hijab je le porte pour mn Créateur donc les créatures on s’en fiche! Et celui qui veut parler, et bien qu’il parle, ça m’arrange je gagne des hassanates =)! Aujourd’hui, alhamdoulillah je vis très bien le porte de mon voile, mon hijab est devenu indispensable. Quand je n’ai rien sur la tête, je ressens un vide subhana’Allah

2 plusieurs commentaires

  1. Il Est Trés Bien Ce Site !!!
    Bravo!
    A Tous Vous Avez Créer Une Magnifique Blog !!!

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